Marine Marchande
SeaFrance : La direction présente un nouveau plan de redressement

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SeaFrance : La direction présente un nouveau plan de redressement

Marine Marchande

Au cours d'une réunion paritaire organisée jeudi dernier à Calais, la direction de SeaFrance a présenté un nouveau plan de redressement de l'entreprise. De sources syndicales, le projet serait « adouci » par rapport à la première mouture, présentée en mars. Cette dernière prévoyait une réduction de la flotte à seulement trois navires, accompagnée de la suppression de 650 emplois, soit 40% des effectifs. Cette fois, en plus des ferries Rodin, Berlioz et Molière, le fréteur Nord-Pas-de-Calais serait conservé. L'étendue des nouvelles réductions d'effectifs n'a, en revanche, pas été dévoilée. La SNCF, actionnaire de SeaFrance, s'est néanmoins engagée à ne pas avoir recours à des licenciements secs. Les personnels seraient reclassés au sein du groupe et, dans la mesure du possible, sans perte de salaire. Au cours de la réunion paritaire, Pierre Fa, président du directoire de SeaFrance, aurait indiqué que le plan allait être lancé prochainement.


« Que la SNCF mette le paquet, c'est la moindre des choses »

Du côté des officiers CGT, qui ont assisté à la réunion, on se dit satisfait des avancées réalisées. « La SNCF s'est engagée au niveau social et nous serons là pour nous assurer qu'elle respecte ses engagements. Si ce n'est pas le cas, les officiers n'hésiteront pas à lancer des actions radicales. Nous considérons que la SNCF est responsable de la situation actuelle. Elle a laissé la compagnie à l'abandon pendant 8 ans et nous payons aujourd'hui la mauvaise gestion de cette période. Les marins et officiers CGT avaient pourtant tiré la sonnette d'alarme à plusieurs reprises mais nous n'avons pas été écoutés. Que la SNCF mette aujourd'hui le paquet sur le plan social pour redresser la compagnie, c'est donc la moindre des choses », estime-t-on au syndicat. Les officiers CGT réclament, par ailleurs, que le plan de redressement ne se traduise pas par des reculs sur les conditions de travail. Ils refusent, notamment, de revenir aux coefficients en vigueur avant la loi sur la réduction du temps de travail.

Rapprochement avec Brittany Ferries : Le « statu quo »

Concernant un éventuel rapprochement avec Brittany Ferries, rien n'est encore décidé. La SNCF serait favorable à un partenariat mais, dans ce cas, conserverait vraisemblablement la majorité dans le capital de SeaFrance. Sur ce point, les syndicats de la compagnie calaisienne font front commun, réclamant que le groupe public reste aux commandes. Le 16 mars dernier, Brittany Ferries a proposé à la SNCF la création d'une holding commune, dans laquelle l'armement de Roscoff détiendrait 75% du capital et le groupe ferroviaire 25%. Dans ce schéma, Brittany Ferries proposait que le capital s'élève à 40 millions d'euros, 4 des 5 navires de SeaFrance étant conservés. Les syndicats de SeaFrance se sont, toutefois, montrés hostiles à cette offre, estimant que leur compagnie serait alors bradée. Louis Dreyfus Armateurs ayant abandonné son projet de fusion avec SeaFrance, seule Brittany Ferries reste en lice. Mais, bientôt deux mois après avoir déposé le dossier, c'est le « statu quo », à la pointe Finistère. Brittany Ferries reste très discrète quant à son projet de reprise. « Il n'y a rien de négatif ni de positif. Nous sommes dans l'attente », explique-t-on à Roscoff, où on ne souhaite pas faire plus de commentaire. De source syndicale, on estime que rien ne devrait bouger avant que le plan de redressement de SeaFrance ne soit lancé.

My Ferry Link (ex-SeaFrance)