Marine Marchande
SeaFrance : La direction souhaite supprimer 650 postes pour sauver la compagnie

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SeaFrance : La direction souhaite supprimer 650 postes pour sauver la compagnie

Marine Marchande

Le projet de plan de sauvetage de la compagnie maritime française a été présenté mardi 17 février, à Calais, lors d'un Comité d'entreprise extraordinaire. Il prévoit une profonde réorganisation de SeaFrance, filiale à 100% de la SNCF. « Plusieurs mesures sont envisagées dans le cadre de ce projet, notamment le redimensionnement de la flotte de SeaFrance afin de l'adapter à son marché et réduire ses coûts d'exploitation. En conséquence, le projet de plan de redressement prévoirait une réduction des effectifs d'environ 650 emplois, qui affecterait le personnel navigant et sédentaire », indique l'armement français, qui emploie environ 1700 personnes, dont 1300 navigants. Parallèlement, l'entreprise engagerait une politique exigeante de réduction des coûts, une simplification de l'organisation et une adaptation plus fine des moyens engagés à bord en fonction de chaque traversée. L'objectif de la direction de SeaFrance est de revenir à l'équilibre l'an prochain et, si possible, bénéficiaire en 2011. « Dans le cadre du projet de plan de redressement, SeaFrance privilégiera le dialogue social pour définir avec les partenaires sociaux un ensemble de mesures adaptées, avec le soutien de l'actionnaire, la SNCF. Les mesures d'accompagnement du projet de plan de redressement seront discutées en étroite collaboration avec les partenaires sociaux et soumises au Comité d'Entreprise, en toute transparence et de manière constructive », précise la direction. Dans un communiqué, cette dernière concède que le projet de plan prévoit « des mesures difficiles, notamment pour l'emploi, mais reste le dernier espoir pour sauver SeaFrance ».

3 millions d'euros de pertes chaque mois

SeaFrance est depuis 2008 confrontée à une situation très difficile, pour ne pas dire désastreuse. Spécialisée sur la liaison Calais-Douvres, la compagnie est touchée de plein fouet par la crise économique. Historiquement, elle détenait 20 % du marché fret, qui a lui-même baissé de 20%. L'armement indique que les résultats de janvier 2009 confirment cette tendance baissière, avec une chute de 23 % par rapport à janvier 2008, ce qui représente en année pleine 800.000 camions en moins pour le marché. Cette forte baisse a été masquée pour SeaFrance par l'arrêt partiel, l'an dernier, de l'activité du tunnel sous la Manche. Mais son retour à pleine capacité se traduit par une forte décroissance du trafic maritime. De plus, SeaFrance est dans une situation financière catastrophique. L'entreprise a perdu 20 millions d'euros en 2008 et perd, depuis octobre dernier, environ 3 millions d'euros chaque mois. En outre, la trésorerie est négative depuis août 2008, et ne cesse de se dégrader depuis cette date, y compris en janvier 2009. Selon l'armement : « Cette situation n'est plus tenable, dans un contexte de crise qui s'annonce durable. Attendre, sans agir, une hypothétique reprise économique rapide serait irresponsable et condamnerait l'entreprise au dépôt de bilan. Il n'y a plus d'alternative aujourd'hui et il est donc de la responsabilité de la Direction d'envisager des décisions humainement difficiles mais indispensables pour garantir la survie de l'entreprise et, à terme, sa pérennité ».
En parallèle, les rumeurs de reprise éventuelle émergent. Depuis déjà un certain temps, on évoque le nom de LD Lines, filiale de Louis Dreyfus Armateurs. Sollicitée sur cette question, LDA, qui a toujours indiqué "ne rien s'interdire", ne fait aujourd'hui aucun commentaire.

My Ferry Link (ex-SeaFrance)