Marine Marchande
SeaFrance : La grève continue, la direction s'explique sur ses relations avec les officiers

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SeaFrance : La grève continue, la direction s'explique sur ses relations avec les officiers

Marine Marchande

Immobilisés à Calais depuis le 27 février, les ferries de SeaFrance n'ont toujours pas repris la mer. Les négociations se poursuivent entre le siège de la compagnie et l'intersyndicale CGT-CGC des officiers, qui réclame des augmentations de salaires. « Des réunions avec les représentants des officiers en grève se sont déroulées toute la journée d'hier et ont repris ce matin », indique la direction.
Le malaise des grévistes est toujours perceptible. Ces derniers ont reproché au président de SeaFrance, durant le conflit, de ne pas avoir été à leur écoute. Au sein de l'intersyndicale, on déplore d'ailleurs « l'abandon de la charte du dialogue social à l'arrivée d'Eudes Riblier il y a 7 ans ». Certains grévistes accusent, dans le même temps, la direction d'avoir favorisé les relations avec les équipages, majoritairement syndiqués à la CFDT. Qu'en est-il de la qualité des relations avec la direction et pourquoi les officiers se sentent « ignorés » voire « méprisés »? Pour Muriel Mironneau, porte-parole de la compagnie : « On ne peut pas dire que les officiers sont méprisés et ignorés. Mais, peut être que des maladresses ont été commises et qu'ils l'ont ressenti comme tel ». Un bref historique de SeaFrance, créée sur les vestiges de Sealink il y a onze ans, permet peut-être d'expliquer le sentiment d'« abandon » affiché aujourd'hui par les grévistes.

Un malaise qui remonte à 2001?

Cette semaine, dans les colonnes du journal Ouest France, Muriel Mironneau est remontée jusqu'à l'arrivée d'Eudes Riblier à la tête de l'armement. C'était en 2001. « L'entreprise est au bord du gouffre. Il y a une culture de la grève des équipages, aucun dialogue social. Arrive Eudes Riblier, qui réengage le dialogue avec la CFDT. Un dialogue privilégié, qui crée de l'emploi et fait gagner de l'argent ». Alors qu'elle apaisait les relations avec les équipages, la direction aurait-elle donné l'impression aux officiers de les délaisser ? « Il y a peut être eu des maladresses mais il y a également eu des avancées importantes pour les officiers. Ce fut par exemple la mise en place du commandant n°1 » nous répond Muriel Mironneau. Les ferries de SeaFrance étant armés avec deux capitaines toutes les 48 heures, le commandant n°1 assure la coordination permanente entre les capitaines à bord de chaque navire et sur tous les sujets, qu'il s'agisse de navigation, de sécurité, de technique ou de gestion des équipes. « Leur rôle est assimilé à la fonction d'adjoint du directeur d'armement et ils siègent d'ailleurs au comité de direction, où ils peuvent intervenir sur tous les sujets », note Muriel Mironneau. La porte-parole de la compagnie met également en avant la nomination, en décembre 2005, de Charles Boutry. A 33 ans, le commandant du SeaFrance Cézanne est devenu directeur d'armement. « C'est un signe fort de considération. La direction n'a pas nommé quelqu'un de l'extérieur mais bien un officier de SeaFrance ».
Opérant six ferries entre Calais et Douvres, SeaFrance emploie 1500 personnes, dont 160 officiers.

My Ferry Link (ex-SeaFrance)