Marine Marchande
SeaFrance : La mobilisation s'amplifie selon les grévistes

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SeaFrance : La mobilisation s'amplifie selon les grévistes

Marine Marchande

Bien loin de baisser pavillon, les officiers de la compagnie SeaFrance entament aujourd'hui leur septième jour de grève. Ils réclament toujours une amélioration de leurs conditions de travail. La principale revendication porte sur la possibilité d'embarquer trois jours d'affilée au lieu de deux sur les ferries effectuant cinq rotations quotidiennes entre Calais et Douvres. Les grévistes souhaitent, par ailleurs, que leurs salaires soient revus à la hausse. Jugé « trop basses », les rémunérations sont d'ailleurs considérées comme « responsables des difficultés de SeaFrance à recruter de jeunes officiers ». Selon Jacques Brouyer, responsable syndical: « On n'arrive plus à trouver de jeunes acceptant de venir travailler dans la compagnie. Du coup, les officiers travaillent à flux tendu, sont fatigués et n'arrivent plus à prendre leurs jours de repos ». Selon la CGT et la CGC, les 160 officiers de SeaFrance auraient cumulé, au 31 janvier, quelques 9200 jours de congés en retard. En ce qui concerne les salaires, l'intersyndicale CGT-CGC a proposé à la direction une augmentation de 20% sur trois ans. « Il ne s'agit que d'une base de départ. Nous souhaitons ensuite négocier mais, le problème, c'est que nous avons en face de nous un président qui refuse le dialogue ».

Plusieurs centaines de milliers d'euros par jour

La direction, de son côté, réaffirme qu'elle ne peut envisager une augmentation des rémunérations pour une seule catégorie de personnel. La perspective d'une année 2008 difficile, avec la hausse du coût du carburant et les conséquences de la chute de la Livre Sterling sur le marché anglais sont, également, mis en avant par l'entreprise, détenue à 100% par la SNCF. Côté syndical, on a du mal à accepter cet argument : « C'est parfaitement hallucinant. Cela fait bientôt une semaine que le trafic est bloqué et la grève coûterait à la compagnie entre 600 et 700.000 euros par jour. Il y a un vrai problème de fond et, pourtant, la direction refuse encore de négocier. On a l'impression qu'il y a une cagnotte à dépenser sur le dos du contribuable », s'indigne Jacques Brouyer. Selon le responsable syndical, la détermination des grévistes est intacte : « La mobilisation s'est même amplifiée. Les officiers syndiqués à la CFDT ont rejoint le mouvement, ainsi que nos collègue du Rodin, en arrêt technique à Dunkerque ». Alors que les officiers du Rodin ont interdit, en fin de semaine dernière, l'accès de leur navire aux ouvriers du chantier de réparation, les cinq autres ferries de SeaFrance restent bloqués à quai. La grève, reconductible toutes les 24 heures, a de nouveau été votée hier midi sur tous les bateaux.

Le mouvement, qui paralyse totalement le trafic, a entraîné une belle pagaille à Calais et dans les environs. Des milliers de passagers et de camions ont été obligés de traverser la Manche par d'autres moyens, à commencer par les ferries des compagnies concurrentes, P&O et Norfolkline. Le problème est particulièrement aigu pour les transporteurs routiers, dont nombre disposent de contrats à l'année avec SeaFrance.
Premier employeur de marins français, l'armement compte 1500 salariés et une flotte de six navires. Il propose chaque jour une trentaine de rotations entre Calais et Douvres.

My Ferry Link (ex-SeaFrance)