Marine Marchande
SeaFrance : La pression monte à Calais

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SeaFrance : La pression monte à Calais

Marine Marchande

La situation devient tendue, à Calais, alors que la grève des officiers de SeaFrance en est aujourd'hui à son 13ème jour. Plusieurs centaines de membres d'équipage se sont réunis, hier, en assemblée générale. La CFDT, très majoritaire chez les marins, dénonce le mouvement des officiers. « On a essayé de répondre aux craintes des salariés. Ils ont spontanément fait des pétitions pour soutenir la direction, pour dire qu'il y avait un réel dialogue social dans l'entreprise et donc que cette grève était totalement injustifiée. Notre rôle a été plutôt de calmer les salariés, car la colère monte », a déclaré à l'AFP un responsable du syndicat maritime CFDT. Si, au sein de ce dernier, on semble se satisfaire du dialogue social entretenu avec la direction de SeaFrance, il n'en va pas de même chez les officiers. « Le président a refusé de nous voir pendant 12 jours. Tout d'un coup, il nous convoque le samedi soir pour nous rencontrer le lendemain et, finalement, nous annoncer qu'il n'a rien à nous proposer. C'est se moquer du monde », lance un gréviste. Déclenché le 27 février, le mouvement des officiers porte sur deux axes principaux. Le premier, visant à améliorer les conditions de travail, a été satisfait vendredi dernier. Convoqué par la direction, le Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) a donné un avis favorable à deux revendications : La possibilité d'embarquer trois jours consécutifs et le retrait de la close de résidence à moins de deux heures de Calais.

« Si jamais on est menacés, les gens se mettront en congés ou en arrêt maladie »

Mais grévistes et direction restent campés sur leurs positions concernant la revalorisation des salaires. Les officiers estiment que les rémunérations proposées chez SeaFrance sont trop faibles et n'encouragent pas les jeunes à venir travailler pour la compagnie. Cette dernière serait, d'ailleurs, confrontée à une véritable pénurie de candidatures, aux dires de l'intersyndicale CGT-CGC. « Nous fonctionnons à flux tendus par manque d'effectifs. La compagnie n'a reçu que quelques CV en six mois, ce qui prouve l'ampleur du problème du recrutement. Les jeunes officiers ne veulent plus venir chez nous car les salaires sont meilleurs ailleurs », martèle un délégué syndical. Un de ses collègues enfonce le clou : « Si ça continue comme ça, un jour les bateaux vont finir par être bloqués faute d'officiers ».
La direction affirme, de son côté, qu'elle ne peut pas accorder une augmentation de salaires pour une seule catégorie de personnels, position semble-t-il soutenue par la CFDT. Toujours très déterminés, les officiers s'attendent à être mis sous pression par les équipages. Mais, loin de régler le conflit, une telle situation risquerait plutôt d'aggraver les choses. « Si jamais on est menacés, les gens se mettront en congés ou en arrêt maladie et il n'y aura plus un officier pour armer les bateaux. Ils auront tout gagné », prévient, très remonté, un officier en grève.
Assurant la liaison Calais-Douvres, SeaFrance arme six ferries et emploie 1500 personnes, dont 160 officiers. L'immobilisation de la flotte à Calais coûte à l'entreprise 300.000 euros par jour.

My Ferry Link (ex-SeaFrance)