Marine Marchande
SeaFrance : Le projet de SCOP présenté aux salariés

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SeaFrance : Le projet de SCOP présenté aux salariés

Marine Marchande

A quelques jours de l'audience du tribunal de commerce de Paris qui doit décider, le 23 octobre prochain, de l'avenir de SeaFrance, le projet de SCOP (société coopérative et participative) a été dévoilé aux salariés vendredi dernier par Didier Cappelle, le secrétaire de la CFDT Maritime Nord.
Le projet prévoit de garder la flotte actuelle de quatre navires (les SeaFrance Rodin, SeaFrance Berlioz et SeaFrance Molière, ainsi que le fréteur SeaFrance Nord-Pas-de-Calais) de même que l'effectif de 876 employés en CDI et 200 en CDD aux conditions de travail et de salaires actuels. Le comité de pilotage a également présenté un business plan qui table sur une importante augmentation du chiffre d'affaires en 2012, avec un effet bénéfique des Jeux Olympiques, à 167 millions d'euros, puis 177 millions en 2013 et 189 millions en 2014. La future SCOP ne reprendrait pas les dettes de SeaFrance et pourrait démarrer, selon le comité de pilotage, avec un capital de 18.500 euros. Pour cela, les salariés devront souscrire 100 euros chacun (soit deux parts de la société). Un prélèvement de 2% sur le salaire brut serait, de plus, affecté à la souscription de parts sociales. Conformément aux principes de la SCOP, les salariés-coopérateurs, qui peuvent également être des anciens salariés, des retraités ou tout autre personne volontaire, resteront majoritaires au capital (51%) et dans les droits de vote (65%).
Pour mémoire, en face du projet de SCOP, il y a deux projets de reprises, un émanant de la holding Being Bang, dont on ne connaît pas les détails, et celui portée par Louis Dreyfus Armateurs et DFDS. Le projet LDA/DFDS prévoit une flotte avec trois navires (Rodin, Berlioz et Nord-Pas-de-Calais), qui seraient conservés sous pavillon français. L'offre franco-danoise prévoit le maintient de 460 poste équivalent temps plein à Calais, auxquels s'ajouteraient 80 ETP en reclassement sur des lignes de LDLines au départ de France. Ces postes concerneraient les services transmanche, mais aussi l'autoroute de la mer entre Montoir-de-Bretagne et Gijon.
Le tribunal de commerce va donc se prononcer, au terme de la période de redressement judiciaire, sur l'avenir de SeaFrance. Pour cela, il va devoir examiner les différentes possibilités se dessinant pour l'avenir de la compagnie. D'abord le nouveau plan industriel proposé par la direction actuelle de SeaFrance, qui prévoit une flotte de trois navires et le maintien de 650 emplois. Il y a ensuite les trois offres de reprise. Et enfin, si la juridiction consulaire estime qu'aucune offre n'est viable, elle peut prononcer la liquidation judiciaire de l'entreprise.

My Ferry Link (ex-SeaFrance)