Marine Marchande
SeaFrance : L'ultimatum du médiateur expire à 14 heures

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SeaFrance : L'ultimatum du médiateur expire à 14 heures

Marine Marchande

Quelque soit le cas de figure, une page de l'histoire de la compagnie de Calais va, sans doute, se tourner aujourd'hui. Les syndicats ont jusqu'à 14 heures pour signer l'accord proposé par Daniel Cholley, médiateur nommé à la demande de la CFDT par le préfet. Après avoir consulté leurs bases, la CGT, la CGC et la CFTC ont semble-t-il l'intention de parafer la proposition, qui réduit le nombre de suppressions d'emplois prévu par la direction et améliore les mesures d'accompagnement. Mais, en vertu de la loi de 2008 sur la représentativité syndicale, les trois confédérations (qui représente moins de 30%) ne peuvent, à elles-seules, imposer la mise en oeuvre de l'accord. Pour cela, il faut que la CFDT, ultra-majoritaire dans l'entreprise, accepte de signer le texte. Le syndicat, en opposition frontale avec la direction de SeaFrance depuis des mois, semble vouloir jouer la montre. Mardi, il a réuni ses adhérents en assemblée générale et proposé un référendum sur l'accord de médiation. La direction de la compagnie a écarté cette solution, évoquant le manque de temps. Quant au médiateur, il n'y a pas non plus répondu favorablement. « C'est de la manoeuvre dilatoire. À l'heure où je vous parle et avec les informations dont je dispose, il est hors de question que je modifie le délai de fin de médiation. Je ne peux pas donner huit jours supplémentaires dans la situation où se trouve l'entreprise. Si la CFDT veut faire un referendum, elle peut le faire d'ici jeudi », expliquait hier Daniel Cholley dans les colonnes de La Voix du Nord.

La signature ou le tribunal de commerce

Les syndicats ont donc jusqu'à 14 heures, ce jeudi, pour signer le texte présenté par le médiateur. Si tel n'est pas le cas, Daniel Cholley a prévenu qu'il mettrait fin à sa mission et que ses propositions, que la direction acceptent, tomberaient à l'eau. Quant à Pierre Fa, le président du directoire de SeaFrance, sa position est très claire : « Ou bien la CFDT accepte les propositions du médiateur, ou bien ce sera le tribunal de commerce ». Au sein de la compagnie, la pression n'a cessé de monter ces derniers jours, de plus en plus de salariés se demandant où cette joute allait bien pouvoir conduire l'entreprise. En début de semaine, Pierre Fa a annoncé que SeaFrance perdait actuellement 100.000 euros par jour et que sa dette atteignait 189 millions d'euros pour des capitaux propres de moins 58 millions d'euros. La compagnie ne tient plus qu'avec le soutien de son actionnaire, la SNCF, avec lequel elle est liée par un accord de trésorerie, qui la protège jusqu'au 14 février. Toutefois, le groupe de Guillaume Pépy, appelé à recapitaliser SeaFrance dans le cadre du plan de redressement, a fait savoir que sans accord, la convention de trésorerie ne serait pas renouvelée. Ce serait la cessation de paiement et, en bout de course, la liquidation, avec près de 1600 salariés sur le carreau.
Pour mémoire, l'accord de médiation propose, afin de redresser la compagnie, la suppression de 482 postes, sur un effectif total de 1580 salariés (dans son plan initial, la direction prévoyait 650 suppressions de postes, chiffre ramené en mai dernier à 543).

My Ferry Link (ex-SeaFrance)