Marine Marchande
SeaFrance : « Nous risquons de passer de vie à trépas », prévient Pierre Fa

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SeaFrance : « Nous risquons de passer de vie à trépas », prévient Pierre Fa

Marine Marchande

Pour la première fois depuis son arrivée à la tête de SeaFrance, Pierre Fa a accepté de s'exprimer dans la presse. Hier, le président du directoire de la compagnie française est revenu, dans les colonnes de Nord Littoral, sur la situation de l'armement, désormais au pied du mur. « Les chiffres sont là, ils sont bien réels malheureusement(et) ont été validés par le commissaire aux comptes. Chaque jour SeaFrance perd réellement 100.000 euros, sa dette est de 189 millions d'euros pour des capitaux propres de moins 58 millions d'euros, ce n'est plus tenable », explique Pierre Fa. Afin d'éviter le naufrage, la compagnie et son actionnaire unique, la SNCF, on présenté en mai dernier un plan de redressement comportant, notamment, la suppression de 543 postes (soit 107 de moins que le projet initial) sur un effectif total de 1580 salariés (dont 1300 navigants). Mais ce plan a rencontré une farouche opposition de la part de la CFDT, majoritaire au sein de l'entreprise. Le syndicat a obtenu, à la fin de l'été, qu'un médiateur soit nommé par le préfet. A l'issue de nombreuses réunions, Daniel Cholley a proposé une amélioration des mesures d'accompagnement et une réduction d'effectifs ramenée à 482 postes, ce qui est encore trop pour la CFDT. Devant cette situation, le médiateur a menacé de mettre fin à sa mission si l'accord n'était pas accepté avant jeudi, les avancées obtenues tombant alors à l'eau. « Nous sommes à un moment décisif pour l'avenir de la compagnie. Il faut que chacun en ait conscience, jeudi il sera trop tard. Et pour le coup, ce jour-là nous risquons de passer de vie à trépas. Ou bien la CFDT accepte les propositions du médiateur - la direction générale signera cet accord - ou bien ce sera le tribunal de commerce », prévient Pierre Fa dans Nord Littoral.

Convention de trésorerie et recapitalisation dans la balance

Selon lui : « Le redressement de l'entreprise impose des réorganisations économiques du travail à bord et à terre. Un plan de redressement économique et financier qui va permettre un retour à l'équilibre des résultats, et un plan de sauvegarde de l'emploi qui permettra aux salariés qui quitteront SeaFrance de le faire dans les meilleures conditions possibles sont indispensables et complémentaires ». La compagnie n'est pas encore menacée de cessation de paiement grâce à une convention de trésorerie qui la lie à la SNCF. Mais cette convention prendra fin le 15 février et, selon Pierre Fa, si l'accord de médiation n'est pas signé, la maison mère ne la renouvellera pas. En clair, ce serait la liquidation. La recapitalisation est, elle aussi, soumise à un accord avec les syndicats, à commencer par la CFDT. « La recapitalisation c'est l'apport en capital d'une somme d'argent pour une entreprise qui est destinée à la fois à couvrir les pertes accumulées, à rembourser la convention de trésorerie et à financer le plan social. La recapitalisation de SeaFrance par l'actionnaire, qui devra la soumettre à l'accord de Bruxelles, est liée à la mise en oeuvre du plan de redressement, à la signature d'accords d'armement et à la mise en oeuvre du plan de sauvegarde de l'emploi. Sans recapitalisation, nous sommes en cessation de paiement et on disparaît ! ». Pour le président du directoire de SeaFrance, il y a urgence : « C'est maintenant qu'il faut agir après il sera trop tard », explique Pierre Fa, qui appelle les représentants syndicaux à prendre « leurs responsabilités ».
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- Voir l'intégralité de l'interview sur le site de Nord Littoral

My Ferry Link (ex-SeaFrance)