Marine Marchande
SeaFrance : Nouvel avis de tempête

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SeaFrance : Nouvel avis de tempête

Marine Marchande

Mal en point et tentant de redresser la barre pour éviter le naufrage, SeaFrance a connu mercredi un nouveau coup de théâtre. A la surprise générale, la CFDT n?a finalement pas signé les nouveaux accords devant permettre la mise en oeuvre de la réorganisation de la compagnie française, qui exploite une ligne unique entre Calais et Douvres. Placée en redressement judiciaire le 30 juin, l'entreprise, filiale de la SNCF, doit d'ici le 15 décembre mettre, en place une nouvelle organisation à terre et à bord de ses 4 navires. Un nouveau plan industriel a été élaboré ces derniers mois, assorti d'un plan social portant sur la suppression de 725 postes (l'effectif actuel est de 1300 salariés). Le 21 juillet, l'ensemble des organisations syndicales avait signé les accords relatifs au « NPI ». Mais un certains nombre d'ajustements ont été souhaités, dont le retrait de la clause « Sous réserve d'un financement de la SNCF ». La direction a voulu retirer cette fin de phrase jugée par la maison-mère de la compagnie incompatible avec son souhait de pouvoir trouver un partenaire industriel pour l'aider à relancer SeaFrance. Le 21 septembre, un projet d'accord comprenant cet avenant avait été conclu avec l'ensemble des syndicats. Mais, pour qu'il entre en vigueur, le texte devait faire l'objet d'une consultation préalable en Comité d'entreprise, ce qui fut chose faite mercredi. Rien ne s'opposait alors à la signature des documents. Du moins, c'est ce que tout le monde pensait à Calais, avant que la CFDT décide de ne pas se déplacer pour parapher les documents.

La SNCF va-t-elle couper les vivres ?

Dénoncée par la CGT, la CGC et la CFTC, la position du syndicat majoritaire provoque un nouveau rebondissement, dont la compagnie se serait bien passée. « On l'absence de signature, nous ne pouvons pas mettre en oeuvre la réorganisation, qui est vitale pour relancer la compagnie », explique-t-on au siège de SeaFrance. En pleine procédure de redressement judicaire et devant toujours obtenir le feu vert européen pour que sa restructuration soit financée par la SNCF, l'armement navigue en plein brouillard. Il reste désormais à voir comment les administrateurs judiciaires et la SNCF vont réagir. Mi-septembre, le groupe public, qui a été autorisé à financer sa filiale durant la période d'observation décidée par le tribunal de commerce de Paris, avait à peine voilé ses menaces. « « En cas de survenance d'un événement empêchant ou retardant ou susceptible de retarder la mise en oeuvre des mesures d'organisation d'urgence, (la SNCF) cesserait de financer la période d'observation et informerait le tribunal de commerce de sa décision », avait indiqué la maison-mère de SeaFrance. Or, sans financement, le sort de la compagnie sera définitivement scellé. Tous les yeux se tournent donc vers la SNCF. Le groupe, qui n'a pas que le dossier SeaFrance à gérer, continuera -t-il de soutenir sa filiale, ou finira-t-il par jeter l'éponge après avoir définitivement usé son « capital patience » ?

My Ferry Link (ex-SeaFrance)