Marine Marchande
SeaFrance : Thierry Mariani dénonce le « fanatisme » de la CFDT

Actualité

SeaFrance : Thierry Mariani dénonce le « fanatisme » de la CFDT

Marine Marchande

« Une véritable impasse ». C'est ainsi que le ministre des Transport a qualifié le la situation de SeaFrance vendredi, à l'issue d'une réunion avec les représentants du projet de Société coopérative et participative (SCOP), seul dossier encore en lice pour la reprise de la compagnie française. Après cette rencontre, destinée à faire le point sur le financement de la SCOP, Thierry Mariani n'a pas mâché ses mots. « On a une offre qui n'est pas financée et on est dans une solution qui relève d'une véritable impasse », a expliqué le ministre, qui a dénoncé le « fanatisme » des responsables de la CFDT de SeaFrance. Ces derniers se sont, en effet, vivement opposés à la seule offre de reprise considérée comme crédible, une proposition faite par les groupes Louis Dreyfus Armateurs et DFDS. Le 8 décembre, soit quatre jours avant la date butoir fixée par le tribunal de commerce de Paris pour la remise des offres, l'Etat avait tenté de concilier les deux projets. Mais, explique le ministère, « les représentants de la SCOP avaient refusé de participer à une réunion, dont l'objectif était de dessiner un rapprochement avec le groupe Louis-Dreyfus Armateurs et DFDS, qui étaient alors prêts à reprendre l'entreprise ». Dans ces conditions, LDA et DFDS avaient renoncé à déposer leur offre.
Vendredi, Thierry Mariani a déploré la position de la CFDT de SeaFrance, syndicat ultra-majoritaire au sein de la compagnie et dont les responsables portent le projet de SCOP : « Le fanatisme sur une seule proposition, c'est coupable. Aujourd'hui, le syndicat SeaFrance porte une très lourde responsabilité. Six cents des 880 emplois auraient peut-être pu être sauvés si le syndicat avait accepté de dialoguer ».
Au lieu de cela, l'armement français va probablement couler. Car, pour voir le jour, la SCOP, dont l'objectif est de reprendre les quatre navires de SeaFrance et de maintenir tous les emplois, a besoin de 50 millions d'euros. Des financements que les tenants de ce projet espéraient obtenir des collectivités locales et de l'Etat. Une piste illusoire puisqu'un soutien public à la compagnie serait immédiatement dénoncé par ses concurrents et retoqué par la Commission européenne. Celle-ci a d'ailleurs, le 24 octobre, interdit à l'Etat et à la SNCF, maison-mère de SeaFrance, d'apporter un nouveau financement public à la compagnie, au regard des règles de concurrence européenne.
Sortis mécontents de la réunion de vendredi avec Thierry Mariani, les représentants de la SCOP en appellent désormais à Nicolas Sarkozy pour débloquer le dossier. D'ultimes réunions gouvernementales sur le sujet devraient se dérouler aujourd'hui, à la veille de l'audience du tribunal de commerce. Ce dernier examinera demain le projet de SCOP, sa décision étant attendue sous 10 jours.

My Ferry Link (ex-SeaFrance)