Marine Marchande
SeaFrance : Tous les syndicats ont signé l'accord de médiation

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SeaFrance : Tous les syndicats ont signé l'accord de médiation

Marine Marchande

Sous pression depuis plusieurs semaines, la CFDT de SeaFrance a signé, hier, l'ensemble des textes inhérents au plan de redressement de la compagnie française. Elle met ainsi fin à un conflit qui aura duré une dizaine de mois. Ce texte est bien celui élaboré par le médiateur Daniel Cholley et déjà paraphé par les autres organisations syndicales. On notera qu'avant d'apposer leur signature sur le texte, les différents syndicats d'officiers ont fait modifier une partie, non négociée avec le médiateur mais apparue dans le document qui leur avait été transmis par la direction. Une mesure portait sur l'armement des navires et aurait conduit à la suppression d'un officier sur 10 et d'un matelot sur 17. La CGT et la CGC, qui s'en sont aperçues, ont obtenu de la direction que ce passage disparaisse. Reste donc l'accord du médiateur et, notamment, la suppression de 482 postes, sur un effectif total de 1580 salariés (dont 1300 navigants). La mise en oeuvre du plan de redressement doit, désormais, ouvrir la voie à la recapitalisation de la compagnie maritime par sa maison mère, la SNCF. Le 29 janvier, les modalités de cette recapitalisation devraient être présentées en Conseil de surveillance. Pour sauver SeaFrance, qui accuse une dette de près de 200 millions d'euros, la SNCF devrait faire un gros effort financier et, surtout, obtenir l'accord de la Commission européenne pour renflouer sa filiale.

« Veiller à ce que personne ne reste sur le carreau »

Il reste donc encore beaucoup à faire pour remettre l'entreprise à flot. A la CGT, si on parle de « soulagement », on estime qu'il faut rester vigilant : « « Notre action n'est pas terminée puisque la SNCF s'est engagée à reclasser plus de 400 personnes. Nous allons maintenant veiller à ce qu'elle tienne ses engagements et que personne ne reste sur le carreau ». Chez les officiers, les représentants syndicaux se montrent en tous cas amers. « On a perdu beaucoup trop de temps dans ce conflit. On peut se réjouir que la compagnie ne ferme pas ses portes mais on ne peut pas être satisfait quand on a plus de 480 suppressions de postes. On perd gros, à la fois en matière d'emploi mais aussi de conditions de travail. C'est le résultat d'une gestion catastrophique de la part de l'ancienne direction. Depuis des années, on disait qu'on allait droit dans le mur mais personne ne nous a écoutés. Aujourd'hui, voilà où nous en sommes ! », explique-t-on à la CGT officiers, où l'on renvoie à un rapport particulier de la Cour des comptes, dont l'intégralité a été publiée cette semaine par Nord Littoral (*). Examinant les exercices de SeaFrance entre 2004 et 2008, les magistrats ne ménagent pas l'ancienne direction ni la CFDT, notamment au niveau des recrutements.
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- Lire le rapport de la Cour des comptes

My Ferry Link (ex-SeaFrance)