Marine Marchande
SeaFrance : Vers une résolution du conflit des officiers ?

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SeaFrance : Vers une résolution du conflit des officiers ?

Marine Marchande

La plus importante grève d'officiers jamais intervenue dans le transport maritime transmanche va peut être trouver son épilogue. En raison des pressions très fortes qui pèsent sur la direction de SeaFrance, on s'acheminerait, en effet, vers une sortie de crise. Le mouvement des officiers, qui immobilise depuis le 27 février les ferries de la compagnie, n'a pas été sans conséquences économiques. Des dizaines de milliers de passagers et de camions se sont, effet, retrouvés bloqués à Calais. Certains ont pu emprunter d'autres compagnies mais, dans l'ensemble, la grève à provoqué une congestion du trafic. Dans un courrier, le syndicat des transporteurs ont, par conséquent, réclamé une résolution rapide du conflit. Parallèlement, le maire de Calais, Jacky Hénin, a demandé à la SNCF, propriétaire de SeaFrance, d'intervenir. Les politiques sont également montés au créneau en Grande-Bretagne, les élus anglais en appelant à Nicolas Sarkozy pour débloquer la situation. « La pression sur le président de SeaFrance est énorme et la direction a finalement accepté la tenue d'un CHSCT extraordinaire ce vendredi matin », explique un responsable de l'intersyndicale CGC-CGT. Le Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail a notamment examiné les revendications des officiers en matière d'amélioration des conditions de travail. Ces derniers, qui déplorent un problème de respect de la hiérarchie sur les bateaux, réclament de pouvoir travailler trois jours d'affilée sur les ferries effectuant cinq rotations quotidiennes vers Douvres (contre 48 h maximum actuellement). Il reste également à voir la question salariale. « Le problème des salaires est important car, après 10 jours de grève, il faut qu'il soit résolu ». Selon les officiers, les rémunérations, « trop faibles », n'incitent pas les jeunes à venir travailler chez SeaFrance. Pour les grévistes, la compagnie serait d'ailleurs confrontée à une grave pénurie d'officiers, le manque en personnel se traduisant par une dégradation des conditions de travail. Jusqu'ici, la direction de l'armement a refusé d'envisager une augmentation des rémunérations pour une seule catégorie de personnels. Au sein de l'entreprise, les officiers sont au nombre de 160, sur un effectif total de 1500 employés.
Ce matin, l'intersyndicale déplorait l'enlisement du conflit, qui a au moins coûté 300.000 euros par jour à la compagnie. « On est écoeuré de voir l'argent perdu alors que le conflit aurait pu cesser tout de suite si la direction avait accepté de négocier. On n'aurait jamais eu une situation comme celle-ci dans une entreprise privée ».

My Ferry Link (ex-SeaFrance)