Marine Marchande
SeaFrance : Vers une ultime réunion avec le médiateur

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SeaFrance : Vers une ultime réunion avec le médiateur

Marine Marchande

C'est lundi que la période de médiation initiée à SeaFrance va s'achever, avec une dernière réunion programmée à la sous-préfecture de Calais. Au cours de cette ultime séance plénière, le médiateur espère rapprocher direction et syndicats pour trouver un accord. Le plan de redressement de la compagnie est toujours au coeur des débats. Afin d'assurer la continuité de l'entreprise, dont la santé financière est présentée comme très difficile, la direction de SeaFrance et son actionnaire unique, la SNCF, veulent supprimer plus de 500 postes, sur un effectif de 1580 salariés (dont 1300 navigants). La SNCF a promis 413 reclassements au sein du groupe. Au cours du Comité d'entreprise ordinaire du 20 octobre, la CFDT s'est prononcée contre tous les points du plan de redressement. Un avis a, ainsi, été rendu, permettant légalement la poursuite du processus. Trois jours plus tard, la direction a convoqué un CE extraordinaire, au cours duquel il était question d'une éventuelle demande auprès du tribunal de commerce. Là encore, CGT et CGC se sont abstenues, la CFDT rendant de nouveau un avis en se prononçant contre.

« Tension énorme »

« On attend maintenant le résultat de la médiation mais il y a un gros écart entre le plan de la direction et ce que les syndicats sont prêts à accepter. C'est très lourd et la tension est énorme », confie un responsable syndical.
Après la réunion de médiation prévue lundi, un Comité d'entreprise extraordinaire est programmé le lendemain. Si un accord est finalement trouvé la veille, SeaFrance pourra mettre en oeuvre son plan de « sauvegarde de l'entreprise » et de « sauvetage de l'emploi ». Dans le cas contraire, la direction proposera une procédure de sauvegarde auprès du tribunal administratif.
Pour la compagnie, il y a en tous cas urgence. Le 15 février prendra fin la convention de trésorerie liant SeaFrance et la SNCF. « Si aucun accord n'est trouvé d'ici là, la maison mère ne conteste pas qu'elle ne recapitalisera pas sa filiale transmanche. Ce serait la faillite », explique-t-on dans l'entreprise. A la CGT, on redoute ce scénario : « Si la SNCF ne recapitalise pas, les choses vont devenir beaucoup plus compliquées. Cela pourrait déboucher sur un redressement judiciaire, ce qui serait une catastrophe ».

My Ferry Link (ex-SeaFrance)