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SEAir : La start-up qui donne des ailes aux bateaux

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SEAir : La start-up qui donne des ailes aux bateaux

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« Faire voler tous les bateaux ». C'est le leitmotiv de Bertrand Castelnerac, cofondateur de la start-up lorientaise SEAir. L'ancien coureur professionnel notamment sur Moth (un dériveur de 3,35 m) a fondé son entreprise spécialisée dans la conception de foils en février dernier. Il s'est associé pour cela à Richard Forest, un entrepreneur. La start-up emploie aujourd'hui dix personnes et s'apprête à boucler une levée de fonds de l'ordre de 600.000 €.

« Permettre à M. Tout-Le- Monde de tester le foil »

L'homme a aussi navigué sur Mini 6.50, Class40 et GC32, un catamaran à foils. « Ça m'a ouvert des portes... Le foil est très ancien. On sait faire voler des bateaux près de la plage. Le vrai défi aujourd'hui est de les faire voler au large ». L'autre défi est de rendre cette technologie accessible au plus grand nombre.

« Le milieu est en train d'évoluer au niveau technique, sportif et industriel ». Les écuries de course à la voile travaillent en ce sens mais sur un type de bateau ou une course. L'idée de Bertrand Castelnerac a été de créer une entreprise qui travaille sur la façon de fabriquer ces foils, au plan industriel, « pour sortir du modèle en carbone à plus de 1.000 €, très cher et très fragile. L'idée est d'utiliser d'autres matériaux, pas forcément aussi performants, mais qui permettent à M. Tout-Le-Monde de tester le foil ».

Les bateaux à moteur aussi

SEAir travaille sur deux axes. « Les Moth à foils sont un terrain exploratoire », explique Bertrand Castelnerac. SEAir travaille aussi sur un Mini 6.50 à foils. Il sera mis à l'eau à Lorient, mi-novembre, et servira à tester les innovations au large.

SEAir s'est adjoint les compétences de chercheurs de l'UBS. La start-up a été labellisée EMC2 (pôle de compétitivité pour l'innovation dans les technologies de production). Concevoir des foils ne se limite pas à la fabrication de cet appendice. Il faut intégrer toute une série d'instrumentations à bord pour pouvoir naviguer avec. « Nous travaillons sur une boîte noire qui enregistrera toutes les données de "vol" que nous analyserons. Au terme de nos expérimentations, il s'agit de créer les systèmes mécaniques, électroniques et les outillages pour mieux faire voler les bateaux ».

Ces deux étapes bouclées, « on pourra transférer nos outils et nos connaissances sur des plus gros bateaux, des multicoques mais aussi des bateaux à moteur », annonce Bertrand Castelnerac.

Un article de la rédaction du Télégramme