Construction Navale

Reportage

Seaspan : La belle renaissance du chantier canadien

Construction Navale

Alors que la construction navale au Canada vient de connaître une période de vaches maigres, les chantiers Seaspan, basés en Colombie Britannique, viennent d’enregistrer plusieurs commandes qui ont rempli leur plan de charge jusqu’aux années 2020.Cette accélération rapide est en grande partie due à une initiative gouvernementale canadienne qui a lancé des programmes de construction navale, de manière à reconstruire une véritable filière industrielle dans le pays.

 

(DROITS RESERVES)

 

Seaspan a été ainsi notamment sollicité dans le cadre du renouvellement de la flotte des Grands Lacs. L’armement Seaspan Ferries, appartenant au même groupe, lui a commandé, en 2014, des ferries à propulsion dual fuel au GNL, pour lequel Vard a fourni le design. Le premier de la série, le Seaspan Swift a été livré en décembre 2016, le suivant devant arriver en flotte en février 2017. D’une longueur de 148.6 mètres de long, pour une largeur de 26 mètres, ils atteindront la vitesse maximale de 16.5 nœuds. Leur propulsion duale GNL, combiné à un système hybride ESS, fournira une vitesse de 4400 kW via deux propulseurs azimutaux.

 

(CORVUS ENERGY)

 

Le chantier a également enregistré la commande de trois navires océanographiques de surveillance des pêcheries, dont deux sont actuellement en construction, une unité de survey, deux navires de support, un brise-glace ainsi qu’une dizaine de patrouilleurs côtiers multi-missions. « La commande de cette nouvelle série d’OPV, dont nous assurons nous même le design, a été annoncée en 2013. Nous sommes très contents de nous lancer sur ce type de nouveau projet », précise Brian Carter, président de Seaspan Shipyard.

 

(DROITS RESERVES)

 

Cette expansion rapide du carnet de commande a amené le chantier à agrandir et réaménager ses installations. En 2012 Seaspan s’est adressé à STX, pour l’aider à gérer ce redéveloppement. Un plan de modernisation, d’un montant de 170 millions de dollars canadiens, a été achevé en 2014. Mais la croissance continue : ainsi un agrandissement de 7800 m2 du siège devrait être réalisé d’ici fin 2017. Il accueillera 350 employés (contre 130 actuellement). « Nous devons trouver un bon équilibre avec toutes les compétences dont nous avons besoin. Nous voulons également travailler avec les communautés locales, notamment les peuples des Premières Nations. 20% de nos employés sont issus de ces communautés », détaille Brian Carter.

 

(DROITS RESERVES)

 

Seaspan espère pouvoir recruter 1300 personnes, réparties entre le chantier et les bureaux, durant les cinq prochaines années. Le groupe estime que le carnet de commande actuel devrait permettre la création de 5000 emplois, directs et indirects, pour les 20 prochaines années, apportant environ 500 millions de dollars par an à l’économie de la Colombie Britannique.

 

Samantha Fisk à Vancouver pour Mer et Marine, traduit de l’anglais par Caroline Britz