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Second porte-avions : MAM prête à signer le DLR et la commande des catapultes début 2007

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Second porte-avions : MAM prête à signer le DLR et la commande des catapultes début 2007

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La semaine dernière, à la tribune du Sénat, Michèle Alliot-Marie a annoncé qu'elle comptait approuver le dossier de lancement et de réalisation (DLR) du second porte-avions et la commande des équipements longs à fournir, comme les catapultes, début 2007. La commande des catapultes est un dossier éminemment politique. Ne disposant pas des capacités industrielles nécessaires, la France doit, en effet, se fournir auprès des Etats-Unis, qui ne se seraient pas privés, pendant le conflit en Irak, d'utiliser cet argument pour faire pression sur la politique française. Depuis, les relations entre les deux pays se sont détendues, ouvrant la voie à une signature du contrat. Celle-ci interviendrait avec quelques mois de retard, les industriels ayant initialement fixé la ligne rouge pour l'achat des catapultes, à l'été 2006. Selon le ministre de la Défense, la signature du DLR et la notification des catapultes seront un « signe très fort d'une détermination à mettre en oeuvre le programme du porte-avions conformément au calendrier ». Très cher à Jacques Chirac, le PA2 est étudié en commun par les industries françaises et britanniques. La France doit réaliser une unité pour remplacer le Foch, désarmé en 2000, et la Grande-Bretagne deux navires pour assurer la relève des trois petits porte-aéronefs du type Invincible, dont la tête de série a été placée en réserve. Outre la sanctuarisation politique du projet sous une bannière européenne, l'Elysée et le ministère de la Défense espèreraient que les crédits déjà très importants engagés dans le second porte-avions dissuaderont certains candidats à la présidentielle d'abandonner le programme s'ils étaient élus.

Bientôt 100 millions d'euros versés aux Britanniques

L'engagement financier consenti pour le PA2 commence, en effet, à devenir significatif. Outre les contrats d'études passés avec l'industrie française (environ 100 millions d'euros), Paris a signé, en mars 2006, un Memorandum of Understanding avec Londres. Suivant cet accord, la France paye un droit d'accès aux études menées par les britanniques sur le programme Carrier Vessel Future (CVF), duquel sera dérivé le porte-avions français. Le MOU prévoit trois versements de 30, 25 et 45 millions d'euros, auxquels il faut ajouter 50 millions d'euros correspondant au tiers des études communes. A ce jour, les deux premiers versements ont été effectués, le troisième devant l'être dans les prochains mois. Le 25 septembre, MOPA2, société commune de DCN et Thales en charge du projet, a signé avec le ministère de la Défense un contrat de plusieurs dizaines de millions d'euros pour les études de définition détaillées du bâtiment français. C'est à partir de ces études que les industriels remettront, dans les prochains jours, une offre engageante en vue de signer la commande en 2007 avecn en vue, les échéances électorales du printemps. Outre DCN et Thales, plusieurs groupes sont associés aux études, notamment Aker Yards France, EADS et MBDA. Le début de l'usinage du second porte-avions doit intervenir en 2009, pour une admission au service actif en 2015, soit au moment du deuxième grand carénage du Charles de Gaulle. Ce navire, à propulsion nucléaire, n'est disponible que 65% du temps. L'arrivée du PA2 doit permettre à la France de combler les 35% restants et de disposer, à nouveau d'une permanence aéronavale.
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- Voir la fiche technique du PA 2

- Voir la fiche technique des CVF britanniques

- Voir l'interview accordée à Mer et Marine par Michèle Alliot-Marie


Naval Group (ex-DCNS)