Construction Navale
Sécurité maritime : Des chantiers chinois qui font froid dans le dos

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Sécurité maritime : Des chantiers chinois qui font froid dans le dos

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L'an dernier, la construction navale chinoise a décroché, pour la première fois, plus de commandes que ses concurrentes coréenne et japonaise. Mais, derrière de beaux fleurons industriels se cachent des chantiers beaucoup moins au point techniquement. A l'occasion de la Shipbuilding Conference, organisée en avril, à Athènes, par le Lloyd's List, armateurs, chantiers navals et sociétés de classification ont tiré la sonnette d'alarme. En France, l'inquiétude est relayée notamment par la Chambre Syndicale des Constructeurs de Navires (CSCN).Car le risque semble grand de voir une part non négligeable des futurs navires construits en Chine prendre la mer avec de graves carences en matière de sécurité. Certains chantiers locaux, qui redoublent d'efforts pour se mettre aux meilleurs standards, montent eux-mêmes au créneau. « Peut-être 30 à 40% des navires livrés par de nouveaux chantiers chinois seront d'une qualité sous standard. Il y aura des navires dangereux, c'est sûr », estime Simon Liang, président de Sinopacific, chantier comptant notamment dans sa clientèle le Français BOURBON. Pour Georges Serris, président de Enterprises Shipping & Trading, une des plus importantes sociétés grecques d'armement de navires « Il faut faire quelque chose avant qu'il ne soit trop tard ».
Selon les professionnels, cette situation tient au développement galopant de la construction navale chinoise. Proposant des coûts de production moins élevés que ses concurrents asiatiques, cette industrie engrange massivement les commandes. Pour répondre à la demande, de nouveaux chantiers voient le jour, mais certaines entreprises manquent d'expérience et de savoir-faire. D'après Nick Brown, directeur général du développement de la branche du Lloyd's Register en Chine, la qualité des équipements laisse aussi à désirer, certains fournisseurs n'ayant apparemment aucune idée des exigences de l'International Association of Classification Societies (IACS).
Le problème, bien évidemment, est de voir des navires mal construits ou ne répondant pas aux normes naviguer sur les mers du globe, y compris avec des matières dangereuses dans leurs cales.

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