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Sécurité maritime : Une marine « en mesure de répondre aux besoins »

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Sécurité maritime : Une marine « en mesure de répondre aux besoins »

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A l'occasion du détournement du Ponant, l'Institut Français de la Mer et les grandes compagnies regroupées au sein du Cluster Maritime Français insistent sur la nécessité de disposer de moyens navals à mêmes d'assurer la protection du trafic maritime. Avec l'explosion des échanges internationaux, la mer voit en effet transiter 77% des importations françaises et 75% de ses exportations. Or, la plus grande route commerciale -celle qui relie l'Europe à l'Asie- passe justement par le nord de l'océan Indien et le golfe d'Aden. C'est également là que transite une bonne part du pétrole mondial, débouchant du golfe Persique. « Notre souhait de demain est que l'Europe puisse assurer la sécurité de passage des navires dans cette zone », explique CMA CGM, propriétaire du Ponant mais également numéro 2 mondial du transport maritime conteneurisé. Le géant français, à lui seul, compte un navire toutes les 3 heures quittant l'Asie pour gagner l'Europe. Un exemple qui illustre que, contrairement aux idées reçues, la France ne dépend pas de la route ou du fer pour ses approvisionnements, mais bien de la mer. Au-delà du pétrole et du gaz, le trafic maritime concerne de plus en plus les produits finis. Du vélo à l'ordinateur, de la voiture au mobilier en passant par l'outillage, la téléphonie, les vêtements, le papier, les produits d'hygiène, les jouets, les matériaux de construction... Certains porte-conteneurs stockent, sur leurs ponts, l'équivalent de 4000 à 12.000 remorques de camions, soit pour les plus gros plus d'un milliard de dollars de valeur marchande. Et ces bateaux sont des centaines à approvisionner les ports français et européens.

Le porte-conteneurs CMA CGM Fidelio et le Var (© : MARINE NATIONALE)
Le porte-conteneurs CMA CGM Fidelio et le Var (© : MARINE NATIONALE)

Une économie totalement dépendante de la mer

L'économie est donc totalement dépendante du trafic maritime et l'on n'ose imaginer les conséquences d'une éventuelle rupture de ces flux. Crise majeure dans la région du Golfe, attaque terroriste contre un supertanker ou un porte-conteneurs géant, développement de la piraterie... Les menaces sont pourtant nombreuses. C'est ce que martèlent depuis des années les professionnels du secteur et l'affaire du Ponant vient peut-être, enfin, de faire comprendre à la France qu'elle ne vivait pas dans un cocon continental. Or, afin d'assurer la sécurité du trafic maritime et agir utilement, comme ce fut le cas avec le voilier, des moyens sont nécessaires. « Les détails du déroulement de la poursuite et de l'arrestation des pirates montrent que l'opération a été possible d'abord grâce à la présence et la jonction sur les lieux de moyens navals significatifs, ce qui suppose au premier chef que de tels moyens existent et soient suffisamment nombreux dans toutes les zones concernées », note l'IFM, qui plaide pour une « marine en mesure de répondre aux besoins de sécurité de la France » .
A défaut d'une frégate (dotée d'un hélicoptère), c'est d'abord un aviso qui a été engagé, bientôt rejoint par d'autres unités de la marine : bâtiment de commandement et de ravitaillement Var, frégate Jean Bart avec à son bord de commandos, porte-hélicoptères Jeanne d'Arc disposant de moyens aériens et d'un hôpital de campagne. La présence d'un avion de patrouille maritime Atlantique 2, basé à Djibouti, s'est également montrée déterminante pour surveiller la situation et filer les pirates en fuite.

Un Panther et la frégate Montcalm en océan Indien (© : MARINE NATIONALE)
Un Panther et la frégate Montcalm en océan Indien (© : MARINE NATIONALE)

De l'intérêt d'une flotte de surface pour protéger les marines de commerce

Francis Vallat, président de l'IFM, rappelle à cette occasion que, loin des caméras, « chaque année de nombreuses prises d'otages ou opérations pirates sont évitées grâce à la dissuasion que représentent des forces navales positionnées. La présence de forces navales, travaillant et patrouillant au surplus de manière combinée, constitue une dissuasion efficace. C'est ainsi qu'un détroit comme celui de Malacca, naguère encore une des zones les plus dangereuses du monde, est redevenu grâce aux forces navales une zone de trafic maritime quasiment normale. C'est ainsi encore que les convois du programme alimentaire mondial (PAM) qui sauvent quotidiennement de la famine au moins un million de personnes dans la corne de l'Afrique et qui ont failli être interrompus du fait du risque pirates, passent maintenant sans encombre et remplissent régulièrement et sans contretemps leur mission humanitaire ». Selon l'IFM, « Tout ceci démontre en outre à quel point le transport maritime - dont notre pays a tellement besoin - a lui-même besoin d'une Marine nationale de surface disposant de moyens suffisants et suffisamment diversifiés pour protéger ses opérateurs nationaux et en particulier ses navires de commerce. La démonstration extrême en fut apportée, de manière éclatante, pour notre commerce maritime durant la première guerre du golfe. Aujourd'hui, dans un monde incertain et à l'aube d'un siècle qui s'annonce comme d'abord maritime, c'est plus vrai et plus nécessaire que jamais ».

Les frégates Cassard et Courbet(© : MARINE NATIONALE)
Les frégates Cassard et Courbet(© : MARINE NATIONALE)

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