Pêche
Sérénité : le bateau de pêche à moteur hybride

Actualité

Sérénité : le bateau de pêche à moteur hybride

Pêche

Marin pêcheur dans l'âme, aujourd'hui armateur, Yannick Hémeury voit l'avenir de la pêche côtière avec Sérénité. C'est le nom de son projet de navire du futur. Coque à étrave inversée, motorisation hybride diésel-électrique, position ergonomique debout à tout endroit pour le marin. Porté par Breizh Marine Consult, ce projet de bateau nouvelle génération tournera grâce à un moteur hybride présenté en fin de semaine dernière.

Quand on dit « John Deere » on pense aux moteurs des tracteurs et autres engins agricoles. Mais la marque américaine, dont la base française compte 900 salariés près d'Orléans, s'intéresse de très près au monde de la mer et à toutes les industries ayant besoin de moteur diesel, à l'instar des navires. Et un moteur, dans la belle aventure du bateau du futur de Yannick Hémeury, est un élément plus qu'essentiel.

 

Plus propre

 

« On ne peut pas toucher à la masse salariale », redisait-il vendredi alors que le moteur était exposé chez Marzin. « Mais pour faire des économies, on peut jouer sur le carburant, l'entretien, comme on le fait aussi sur l'ergonomie du bateau ». Sans trop rentrer dans les détails techniques, il faut savoir que le moteur ne sera pas avec réducteur et arbre à hélice mais qu'il enclenchera un alternateur, lequel produira du courant pour un moteur électrique. Avec ce modèle hybride diesel/électrique, on peut tabler sur moins 50 % de particules et moins 40 % d'oxydes d'azote. Le grand plus dans cette aventure est de cadrer avec la feuille de route lancée au Salon de l'agriculture par les ministres Pierre Moscovici et Frédéric Cuvillier (économie et pêche).

 

Projet industriel national

 

« Tout le gouvernement met l'accent sur le renouvellement de la flottille », rappelle Yannick Hémeury. « Au salon, sur le stand de la filière pêche, François Hollande s'est beaucoup attardé ». Le bateau de Breizh Marine Consult fait douze mètres ; un projet industriel nommé Arpège existe à Boulogne-sur-Mer pour des navires de 25 m et Lorient a évoqué l'idée d'un projet d'environ 15 m. « Ce sont des bateaux innovants avec une stratégie commune quel que soit le lieu en France d'où viendront les idées », lance Yannick Hémeury. « Mais il s'agit vraiment d'une nouvelle économie ». Vendredi, à Paimpol, Damien Guimin, un jeune pêcheur, âgé de 27 ans, basé à Erquy, est venu se rendre compte de ce nouveau moteur. « D'ici 18 mois à deux ans, j'ai le projet de construire un bateau. Pour l'instant, je ne suis pas dans l'idée d'un navire aussi innovant car je ne connais pas et que l'inconnu fait peur ».

 

À Pontrieux ?

 

Un sentiment pertinent qui ne fait pas peur à Yannick Hémeury. « La réflexion de Damien est normale ! À nous de convaincre ». Et son projet, il le présente partout. Aujourd'hui à Sète, au conseil régional des pêches du Languedoc-Roussillon, déjà très intéressé et à Orléans jeudi à l'usine John Deere. Les plans du bateau sont actuellement à l'école centrale de Nantes et la maquette sera construite au chantier naval ACCF de Pont-L'Abbé, avant de revenir à Nantes pour des conditions en situations réelles et en bassin. Les plans pourront alors être réajustés et la construction lancée dès juillet, pour une durée de trois mois. L'avenir ? Yannick Hémeury le verrait bien à Pontrieux pour un chantier naval qui pourrait bénéficier d'un site industriel dans la commune où il a grandi. « Une bonne longueur de quai et des bassins de construction à flot en font un site privilégié ».

 

Un reportage d'Armelle Mainguy de la rédaction du Télégramme
 

Pêche Propulsion - motorisation