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Shom : 300 ans de soutien aux navigateurs
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Shom : 300 ans de soutien aux navigateurs

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Quand on pense Shom, on pense évidemment levés bathymétriques et cartes marines. Pourtant, fini le temps des montagnes de cartes éditées et corrigées à la main. Si la carte numérique a aujourd’hui pris le pas sur les cartes papiers écoulées chaque année, le Shom n’en imprime plus qu’à la commande. Le service assure le suivi rigoureux de 900 références en France et à travers le monde.

Pour les civils et les militaires

Connaissance des fonds, du trait côtier, des obstacles maritimes divers… Le Shom est également capable de renseigner sur la nature des fonds, la température ou la salinité des océans, dans des zones précises qui intéressent les militaires de la dissuasion ou de la guerre des mines. Un pan d’activité peu mis en valeur par le Shom en raison du caractère confidentiel de ce genre de prestation.

Référence nationale quant aux risques naturels maritimes et les questions de submersion marine, le service apporte une contribution également peu connue mais pourtant grandissante à l’économie et aux politiques publiques. Avec la création du dépôt des cartes et plans de la Marine en 1720, la France créait le tout premier service hydrographique au monde, au nez et la barbe des Britanniques pourtant tout aussi déployés aux quatre coins du globe.

Neuf ans embarqué

300 ans plus tard et avec un siège installé à Brest depuis 2007 (à l’occasion de la transformation du service en établissement public), le Shom n’a cessé d’étoffer son volet de compétences. Aujourd’hui, avec pas moins de 560 spécialistes dédiés, le service hydrographique concentre la majeure partie de ses effectifs à Brest. 400 personnes travaillent au siège brestois -quartier du Bergot-, dont une centaine qui évolue en base navale, une petite cinquantaine complète les effectifs à Toulouse, Saint-Mandé (Paris), Tahiti ou en Nouvelle-Calédonie. « Brest concentre la plupart de nos effectifs, le travail de collecte est assuré par cinq navires basés dans le port militaire de Brest ». Laurent Kerléguer sait de quoi il parle, puisqu’avant de prendre les rênes de l’institution, il a navigué neuf années cumulées sur les navires hydrographiques français. Dès son arrivée au Shom en 1989, il participe aux essais du premier sondeur multifaisceaux sur le Borda. À Toulouse, de 1999 à 2004, il est en charge du programme « Soap » dédié à l’amélioration des prévisions océanographiques. Entre 2015 et 2017, il devient directeur des missions et se consacre pleinement aux relations internationales. C’est également à cette période qu’il devient directeur adjoint de l’établissement public, avant de remplacer Bruno Frachon en poste depuis 2010 et arrivé cette année au terme de son mandat.

60 millions de km² à renseigner

En Brestois pur jus (Kérichen, école de l’arsenal, Ensieta, avant d’intégrer l’Ensta Paris Tech), Laurent Kerléguer ne boude pas son plaisir à évoluer au cœur d’une maison qu’il connaît sur le bout des doigts. Et à 54 ans, depuis son arrivée comme directeur général, l’ingénieur en chef de l’armement prépare activement les 300 ans du Shom. L’occasion aussi de retracer le parcours du Shom à Brest depuis la création en 1972 de l’établissement principal (Epshom) devenu maison-mère depuis 2007. Bien d’autres dossiers passeront sur son bureau, comme le remplacement des trois navires côtiers (La place, Lapérouse et Borda) qui seront progressivement retirés de la flotte à partir de 2025. Enjeu essentiel pour continuer de servir les multiples usagers sur les 10 millions de km² maritimes de la zone économique française (deuxième surface maritime mondiale derrière les États-Unis). Auxquels il convient d’ajouter 50 millions de km² supplémentaires qui intéressent les militaires. Comme on dit souvent à Brest, on ne manquera jamais de boulot au Shom !

Un article de la rédaction du Télégramme

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