Construction Navale
Sibiril : En mal de candidats, le chantier ouvre sa propre formation de stratifieur

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Sibiril : En mal de candidats, le chantier ouvre sa propre formation de stratifieur

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« Ça fait des mois que l’on cherche à recruter. Mais comme beaucoup d’entreprises, nous n’y parvenons pas ». Tristan Pouliquen, PDG de Sibiril Technologies, à Carantec (2 M€ de chiffre d’affaires), a donc décidé de créer sa propre formation au sein du chantier. Spécialisée dans la construction de navires de servitude, notamment les canots tout temps de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), et de bateaux de pêche, l’entreprise emploie actuellement 23 salariés. Insuffisant au regard du plan de charge des deux années à venir. « Nous avons déjà livré trois navires à la SNSM et allons commencer, en octobre, la construction de celui de la station de Saint-Tropez. Côté pêche, le travail ne manque pas non plus puisque nous avons un bateau en cours et un autre à suivre. Il nous faut augmenter notre production. Et donc absolument former des stratifieurs ». En d’autres termes, des ouvriers spécialisés dans le travail sur matériaux composites.

Recrutement par simulation

L’originalité de la démarche entreprise par Sibiril Technologies réside dans le fait que la formation qu’il va mettre en place en partenariat avec Pôle Emploi, l’Adefim Bretagne (formation continue dans la métallurgie) et l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), est ouverte à tous. « Nous avons dix postes à pourvoir, précise Tristan Pouliquen. Et tout le monde aura sa chance, quel que soit son parcours, car nous n’exigeons pas d’expérience dans le domaine. Ce que nous recherchons, ce sont avant tout des aptitudes ».

Afin de les déceler chez les candidats, le chantier carantécois a opté pour la méthode de recrutement par simulation. « Nous ne regarderons pas les CV. Chaque candidat passera des tests qui ont été créés à partir de la fiche de poste de stratifieur. Les entretiens individuels de motivation viendront ensuite ».

Un métier d’avenir

D’une durée de deux mois et demi (400 heures), cette formation diplômante encadrée par un organisme professionnel qui n’a pas encore été choisi (appel d’offres en cours), débutera au cours de la première quinzaine d’octobre. Elle permettra aux candidats retenus d’acquérir les gestes et savoir-faire, et facilitera leur intégration au sein de l’entreprise. Seules conditions pour postuler : être inscrit à Pôle Emploi et participer à la réunion de présentation de l’entreprise organisée à la mairie de Carantec, ce vendredi 14 septembre. Elle sera suivie d’une visite du chantier. Les tests, eux, sont prévus les 17 et 18 septembre. « Au bout de cette formation, nous nous engageons à faire signer un CDD d’un an minimum aux stagiaires », précise Tristan Pouliquen. Qui conclut : « Le métier de stratifieur est un métier d’avenir. Beaucoup d’entreprises travaillent désormais sur le composite ».


Un article de la rédaction du Télégramme