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Sita se positionne pour le démantèlement de la frégate La Découverte

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Sita se positionne pour le démantèlement de la frégate La Découverte

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La filiale de Suez Environnement, qui a annoncé mardi sa candidature au démantèlement de l’ancien porte-avions Clemenceau, se positionne également sur une vielle frégate de la Marine nationale. Toutefois, contrairement à ce qui a été indiqué par la presse, Sita ne travaille pas encore sur le navire : « Nous allons répondre à l’appel d’offres qui a été lancé », précise un porte-parole de la société. Le bâtiment en question est La Découverte (ex-HMS Windrush), échouée depuis de nombreuses années à Cherbourg. Longue de 93 mètres, cette frégate d’origine britannique (classe River) est entrée en service en 1943. Transféré aux forces françaises, La Découverte est affectée à l’escorte des convois en Atlantique avant de participer, le 6 juin 1944, au débarquement de Normandie. Après son retrait du service, la frégate servira de plateforme d’exercice pour l’école de sécurité, implantée à Querqueville. Rebaptisée « Lucifer II », elle sera incendiée volontairement à de nombreuses reprises ; jusqu’en 2002. En décembre dernier, la Direction des Travaux maritimes de Cherbourg (DTM) a lancé une consultation publique en vue de démanteler l’épave. Le marché doit être notifié durant le 1er trimestre 2006, pour une réalisation entre le 2ème semestre 2006 et 1er semestre 2007. Si elle est retenue, Sita pourrait donc « faire ses armes » sur cette unité de 1300 tonnes, avant d’envisager un porte-avions de 25.000 tonnes.

L’Etat bloque la vente du dock flottant de Cherbourg

La filiale de Suez, qui a achevé, le mois dernier, le démantèlement de l’usine Metaleurop de Noyelle Godault, souhaite développer une filière européenne de déconstruction des navires en fin de vie. Cette initiative entre dans le cadre de la réflexion lancée par Matignon, après le camouflet du Clemenceau, contraint de rebrousser chemin devant les plages d’Alang. Dans cette perspective, l’Etat a demandé au port autonome du Havre de ne pas se séparer de son dock flottant, capable de traiter des navires de 200.000 tonnes. « La vente a été bloquée à la demande de l’Etat dans le cadre des études sur une filière de démantèlement. Nous attendons que le gouvernement nous dise si cet outil peut avoir vocation à faire du désamiantage », expliquait-on, hier, au PAH. En décembre, l’établissement public avait lancé un appel d’offres portant sur le dock flottant. De nombreux candidats potentiels avaient visité l’équipement, installé il y a 25 ans au Havre. On ne connaît toutefois pas le nom des entreprises qui se sont porté candidate : « Les plis n’ont pas été ouverts car la procédure a été interrompue avant la réunion de la commission sur les appels d’offres ». Totalement mobile, un tel outil, long de 300 mètres et d’une capacité de levage de 50.000 tonnes, pourrait se révéler des plus utiles pour traiter les navires désarmés, qui vont remplir progressivement les différents ports. L’ancien porte-avions, à la remorque du Sable Cape, est, quant à lui, attendu à Brest le mois prochain.

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