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Situation explosive sur le port de Marseille

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Situation explosive sur le port de Marseille

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Des feux de palettes et d’engins portuaires. Les marins de la SNCM n’ont pas caché leur colère cette nuit. Réaction suite à la table ronde organisée hier après-midi à la préfecture de région. Les délégués du personnel ont finalement claqué la porte de la réunion après avoir appris que l’Etat privilégiait le fond d’investissement français Butler Capital Partners pour reprendre 100% du capital de la compagnie maritime. Refusant cette privatisation, ils ont donc décidé de durcir le mouvement qui dure depuis une semaine. « C’est une escroquerie et un scandale financier », a lancé le secrétaire de la CGT. Interrogé hier soir sur France Info, Jean-Paul Israël affirmait que « les négociations avaient été interrompues par le diktat du gouvernement. La réponse doit être à la hauteur de l’attaque ». Immédiatement, le syndicat a appelé au blocus total du port de Marseille et demandé aux dockers de rejoindre le mouvement. Un premier navire, appartenant à la compagnie méridionale de navigation (CMN) a été retenu à quai, alors qu’il devait appareiller pour Bastia. Le très puissant syndicat des travailleurs corses, qui a déposé un préavis de grève pour jeudi, dénonce également l'attitude du gouvernement et menace d’organiser le blocus de l’île de Beauté : « Ce choix imposé est une fin de non recevoir des propositions syndicales. L’Etat ne nous laisse pas d’autre choix que la lutte. Nous allons préparer la riposte et à partir de jeudi, nous ne nous interdirons plus rien », a déclaré Alain Mosconi, du STC. Pour les grévistes, la vente de quelques actifs non stratégiques auraient été suffisants pour résorber le déficit (*).

Recapitalisation et suppressions d’emplois

La préférence du gouvernement va donc à Butler Capital Partners. Sur 70 sociétés contactées, le fond d’investissement faisait partie des deux seuls entités à s’être portées candidates. A noter au passage qu'aucun professionnel du monde maritime ne s'est dit intéressé. Il faut dire que la situation financière de la compagnie est catastrophique. Selon le préfet de PACA, la SNCM est au bord du dépôt de bilan, il y a un trou de 35 millions d’euros dans les caisses et les banques menacent de ne plus signer les chèques. Ces deux dernières années, l’Etat aurait investi 70 millions d’euros dans l’entreprise, sans succès. Le ministère des Transports a donc décidé de privatiser la compagnie publique. Selon les syndicats, le plan de reprise de Butler prévoit un apport de 35 millions d’euros (moins de la moitié du prix neuf d’un cruise ferry comme le Napoléon Bonaparte ou le Danielle Casanova). Le gouvernement, de son côté, aurait accepté de verser 113 millions d’euros pour éponger les dettes et financer le plan social annoncé. Ce dernier prévoit la suppression de 350 à 400 emplois sur les 2400 que compte la SNCM. La décision de céder l’entreprise publique n’est toutefois pas encore officielle. C’est donc un bras de fer très puissant qui s’installe et les actions des personnels devraient se multiplier dans les prochains jours.

(*)La SNCM a déjà vendu au printemps un de ses navires rapides, le NGV Asvo. Les parts qu’elles détenaient dans la compagnie Sudcargos (50% du capital) ont quant à elles été cédées à la CMA-CGM.

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