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Naval Group peaufine son concept de futur sous-marin
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Naval Group peaufine son concept de futur sous-marin

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Du concept à la réalité, il n’y a désormais plus qu’un pas et, surtout, plus de barrière technologique. Un bâtiment océanique tout électrique capable de rester 40 jours en plongée sur ses seules batteries, furtif grâce à ses formes de coque extrêmement fluides et son revêtement en écailles, offrant des capacités militaires supérieures, taillé pour l’emploi de drones et capable de s’intégrer dans un réseau interconnecté de lutte ASM… A l’occasion d’Euronaval, Naval Group présente une nouvelle mouture du SMX31, que l’industriel français avait dévoilé en 2018. A l’époque, il s’agissait d’un « simple » concept-ship, sensé montrer en tenant compte de l’évolution prévisible des technologies ce que pourrait être le sous-marin du futur, dans deux bonnes décennies. Sauf qu’en 24 mois, certaines technologies ont fait un bond spectaculaire…

Les récents progrès technologiques rendent un tel bateau réalisable

« Nous avons approfondi le concept d’y a deux ans en allant plus loin suite aux remarques des clients et de l’évolution rapide des technologies, en particulier celles liées à l’énergie. Car ce que nous avions imaginé en 2018 pour le SMX31 n’était prévu qu’à l’horizon 2040. Or, les performances énergétiques, grâce aux progrès considérables faits sur les batteries lithium-ion, sont déjà atteintes aujourd’hui et on va aller encore plus loin », explique à Mer et Marine Stéphan Meunier, ancien commandant de sous-marin français aujourd’hui responsable du marketing opérationnel chez Naval Group. « En fait, on pourrait déjà le construire, moyennant comme tout programme de nouveau sous-marin une dizaine d’années d’études et une dizaine d’autres pour la construction. Mais ce que nous voulons montrer c’est surtout notre vision de l’avenir au travers d’un travail étayé, sérieux et cadré. Ce n’est pas un vague concept futuriste mais quelque chose qui a fait l’objet d’études et intègre des briques technologiques déjà maitrisées, en cours de développement ou attendues dans les années qui viennent. Tout cela est la traduction possible de l’évolution des besoins opérationnels et de la feuille de route technologique de Naval Group ». Les architectes et ingénieurs français ont donc repris le SMX31 pour intégrer ces nouveautés et optimiser certains aspects selon les dernières évolutions technologies, les études plus poussées qui ont été menées depuis deux ans et les retours des marins. « On aboutit à un design extérieur robuste et crédibilisé, mais aussi un general arrangement retravaillé », dit Stéphan Meunier.  

 

Le SMX31E (© NAVAL GROUP)

Le SMX31E (© NAVAL GROUP)

 

Un bâtiment très large à l’hydrodynamisme extrêmement poussé

Renommé SMX31E, le bâtiment est un peu plus grand que le SMX31. La longueur atteint désormais 80 mètres, pour une largeur d’une douzaine de mètres et un déplacement d’environ 3200 tonnes. Un gabarit supérieur à l’actuel Scorpène, vendu au Chili, à la Malaisie, à l’Inde et au Brésil.

Le SMX31E se distingue toujours par sa forme de coque, à l’hydrodynamisme extrêmement poussé, faisant appel au bio-mimétisme afin d’approcher la fluidité des formes naturelles « parfaites » des grands mammifères marins. La traditionnelle hélice à l’arrière fait place à deux propulseurs latéraux carénés, alors que le kiosque se réduit à une simple arête surmontant le tiers avant. « Le but est d’être extrêmement furtif mais en 2018 nous étions allés très loin en faisant disparaitre presque complètement le massif dans une logique d’optimisation totale de l’hydrodynamisme en plongée. Nous avons retouché ce point de manière à prendre en compte la réalité d’une navigation en surface et des manœuvres portuaires. Nous avons donc réétudié sérieusement ces aspects, par exemple la problématique des vagues de surface et les procédures d’entrée dans une base et d’utilisation des infrastructures portuaires actuelles, pour rendre ces aspects crédibles. C’est pourquoi la  protubérance que forme le massif a été légèrement surélevée ».

 

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