Marine Marchande
SNCM: J-4 avant le dépôt de bilan ?

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SNCM: J-4 avant le dépôt de bilan ?

Marine Marchande

Alors que la grève se poursuit à Marseille et en Corse, le pire des scénarios est envisagé pour la Société Nationale Corse Méditerranée. Face aux pertes de la compagnie et faute de soutiens bancaires, le conseil d’administration de la SNCM se réunira lundi. Si aucune solution n’est trouvée d’ici là, il devra statuer sur le dépôt de bilan. Hier, Les ministres de l'Economie et des Transports étaient de nouveau à Marseille mais la deuxième table ronde de la semaine s’est encore soldée par un échec. Après 5 heures de réunion, syndicats et gouvernement ne sont toujours pas parvenus à trouver un terrain d’entente. Thierry Breton a de nouveau souligné l’urgence de la situation : « chaque jour qui passe enfonce un peu plus la compagnie. Nous ne sommes plus loin du dépôt de bilan. Il est impératif de reprendre le travail pour la survie de l’entreprise ». Les discussions butent toujours sur la part de l’Etat dans le capital de la compagnie. Les syndicats exigent qu’il reste majoritaire alors que le gouvernement, tenu par les contraintes imposées par Bruxelles, veut descendre sa participation à 25%. Face à la détermination des grévistes, les partenaires privés ont pourtant fait un geste. Ainsi, Butler Capital Partners et la Connex (filiale transport de Veolia), ont accèpté de céder chacun 2% pour faire passer les parts des salariés à 9%. Selon Bercy, le nouveau montage laisserait donc 38% à BCP, 28% pour la Connex, 25% pour l’Etat et 9% pour les salariés. Dominique Perben et Thierry Breton ont également proposé que le conseil de surveillance soit composé de 14 membres dont 4 pour BPC, 3 pour la Connex, 3 pour le gouvernement et 4 pour les salariés et actionnaires salariés. Le directoire de ce conseil serait quant à lui confié à un membre de la filiale de Veolia.

Poursuite du mouvement

Pour la CGT, qui dénonce une absence de considération des revendications des salariés, « le compte n’y est pas ». Le syndicat appelle donc à poursuivre le mouvement. Pour la zone portuaire de Marseille, qui perd 4 à 5 millions d’euros par jour, ce conflit est économiquement désastreux. Afin de ne pas aggraver les difficultés et les amalgames avec le conflit SNCM, la Direction Générale du PAM a estimé nécessaire de lever les procédures disciplinaires engagées à la suite des affrontements de la nuit du 26 au 27 septembre dernier. Les discussions ont repris avec les agents du port autonome mais la CGT n’a pas suspendu son mouvement. La majorité de l’activité du PAM, soit les bassins de Marseille (passagers et marchandises), les terminaux pétroliers de Fos et Lavera ainsi que les terminaux marchandises de Fos (conteneurs, minéralier, céréales) est arrêté depuis maintenant 10 jours. Les dockers de Marseille et de Fos travaillent pour les activités ne nécessitant pas d’outillages du PAM. Pour ce qui est des conséquences directes sur l’activité commerciale, 25 navires sont bloqués à quai et 47 navires autres attendent sur rade dont 43 à Fos/Lavera, dont 28 pétroliers.

Corsica Linea (ex-SNCM)