Marine Marchande
SNCM : Le Corse appareille pour Toulon

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SNCM : Le Corse appareille pour Toulon

Marine Marchande

Après être resté bloqué 22 jours dans le port de Marseille, le ferry Corse, de la SNCM, a pu appareiller hier soir pur Toulon, qu'il a gagné dans la nuit. Environ 400 policiers sont intervenus afin de déloger les grévistes qui empêchaient le départ du bateau. Cette intervention des forces de l'ordre s'est déroulée après que le tribunal de grande instance de Marseille ait une nouvelle fois estimé, hier, que le blocage du Corse était illicite. Il avait ordonné à la CGT « qu'il soit mis fin à tout blocage des accès au Corse et à tout obstacle à l'appareillage régulier du navire ». Le TGI avait fixé une astreinte financière à partir de 20 heures hier soir : « 200 € par heure de retard à l'égard de toute personne physique en infraction constatée par procès verbal d'huissier de justice, et de 400 € par heure de retard à l'égard du syndicat CGT des Marins de Marseille ». Le président du tribunal avait, de plus, autorisé « en cas d'infraction dûment constatée à compter de 20H00, qu'il soit fait appel à la force publique ». Alors que la CGT estime que la direction de la SNCM « porte gravement atteinte au droit de grève », on affirme, au siège de la compagnie, que « la justice confirme qu'il ne s'agit pas d'un conflit social mais que nous sommes face à des manoeuvres illégales de blocage, qui engagent la responsabilité des personnes physiques, et de la CGT des Marins de Marseille ». Suite au mouvement lancé le 23 janvier, des mesures de mise à pied ont été notifiées à 17 salariés.

Initialement, le Corse devait débuter le 27 janvier une nouvelle liaison entre Toulon et l'île de Beauté. Mais la CGT s'y oppose, arguant notamment que cette ligne sera déficitaire et, ainsi, fragilisera la compagnie. Le syndicat craint, de plus, que ce nouveau service, si Toulon n'est pas inclus dans la prochaine délégation de service public pour les ports corses, se traduise par une réduction de la flotte de la SNCM, avec deux navires de moins (sur un total de 9 actuellement). Par ailleurs, la CGT dénonce toujours les aides sociales versées à Corsica Ferries, considérant qu'elles constituent une concurrence déloyale par rapport à la DSP. Alors que la collectivité territoriale de Corse doit se réunir prochainement pour établir les nouvelles règles du service public de desserte maritime, la CGT estime que la SNCM est menacée de disparition.
En face, la direction martèle qu'elle veut relancer la compagnie, notamment via un retour à Toulon, afin de se positionner au mieux dans le cadre de la future DSP. Et elle dénonce l'occupation du Corse.

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