Marine Marchande
SNCM : le nouveau schéma d’exploitation prévoit la suppression de 800 emplois

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SNCM : le nouveau schéma d’exploitation prévoit la suppression de 800 emplois

Marine Marchande

La direction de la SNCM a présenté, hier, un nouveau schéma d’exploitation. Celui-ci prévoit la suppression de 800 emplois. Sans que l’on connaisse, pour l’instant, davantage de détails. L’armement marseillais a déjà annoncé la réduction d’une partie de ses rotations ainsi que la contraction de sa flotte, avec le désarmement du Méditerranée et la fin de l’affrètement de l’Excelsior.

Les organisations syndicales ont mal reçu cette annonce. La CGT a notamment dénoncé l’attitude de l’Etat, actionnaire à 25% de l’armement, qui se comporterait, selon elle, « comme un patron-voyou ». La CFE-CGC a indiqué de son côté, que « c'est la première fois que la direction avance un chiffre, même s'il ne s'agit que d'un projet, indépendamment de celui d'un éventuel repreneur. La direction, probablement sur consigne des actionnaires, s'était refusée jusqu'à présent à donner un tel chiffre, alors qu'elle l'avait certainement fixé dans ses projets. Il était temps que cela soit dit...». Le syndicat estime également que « la direction doit aussi chiffrer le coût d'un tel projet, qui ne repose que sur des manipulations d'hypothèses».

 

La  « discontinuité juridique »

 

Confrontée à une situation budgétaire alarmante, la SNCM se trouve sous le coup d’un jugement européen lui ordonnant le remboursement de 220 millions d’euros d’aides indûment perçues. Un autre remboursement d’une somme équivalente est également à prévoir. Dans ces conditions, le dépôt de bilan semble se profiler davantage chaque jour.

Dans une interview accordée à Corse Matin, Olivier Diehl, président du Directoire de la SNCM, indique que « le redressement judiciaire serait la solution pour sortir de l'impasse des demandes de remboursement européennes ». Il précise que « cela passe nécessairement par une discontinuité juridique. Et il semble que le fait que la compagnie ne reçoive plus aucun argent public soit aussi une condition impérative ».

Une « discontinuité juridique », c’est-à-dire une nouvelle raison sociale, semble également pour le patron de la SNCM indispensable afin d'attirer des repreneurs, qui seraient selon lui « nombreux à être intéressés ».

Corsica Linea (ex-SNCM)