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SNCM: L'impasse

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SNCM: L'impasse

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La table ronde organisée aujourd’hui à Marseille entre les délégués du personnel, la direction de la SNCM et les représentants du ministère des Transports s’est soldée par un échec. Les personnels de la compagnie, au premier rang desquels les marins CGT, refusent la privatisation. Ils ont donc reconduit le mouvement de grève jusqu’à lundi, date de la prochaine réunion. Au cœur du conflit, le projet de reprise totale du capital de la Société Nationale Corse Méditerranée. Avant l’été, il était simplement question de l’entrée d’un partenaire privé mais les deux candidats retenus (sur 70), ont exigé du gouvernement qu’il ouvre totalement le capital de l’entreprise. Les projets des fonds d’investissement Butler Capital Partners et Caravelle ne sont toujours pas connus mais, selon Le Figaro, le gouvernement souhaite conclure le dossier SNCM la semaine prochaine. Pendant ce temps, la colère gronde au sein des navigants et des sédentaires dont les syndicats ont annoncé hier qu’ils rejoignaient le mouvement. Le trafic au départ de Marseille est totalement paralysé. Les 300 derniers passagers du ferry Méditerranée, bloqués depuis lundi sur les quais, sont partis aujourd’hui pour l’Algérie, via Toulon.

« Au bord du gouffre »

Dossier politiquement explosif, la restructuration de la SNCM pourrait donc connaître prochainement son épilogue. Selon le président de la compagnie, les marges de manœuvres sont des plus réduites : « La trésorerie de l'entreprise est plus que tendue, elle est acrobatique. Les banques ne veulent plus nous consentir d'avances, parce que notre avenir manque de visibilité », a déclaré hier Bruno Vergobbi. Pour le préfet de région, « On est au bord du gouffre (…) Les banques auxquelles fait appel l’Etat pour soutenir la SNCM refusent de signer les chèques fin septembre si aucune solution n’est trouvée ». Christian Frémont prévient qu’il n’y aura pas de solution miracle et que Bruxelles n’acceptera pas que le gouvernement perfusionne la compagnie. Les syndicats, de leur côté, accusent l’Etat de vouloir brader la société à des entreprises qualifiées de « raiders ». Plusieurs centaines d’emplois sont en tous cas menacés. La CGT parle de 700 suppressions de postes alors que Le Figaro, évoquant des sources ministérielles, avance le chiffre de 600 personnes.
La SNCM arme 10 navires et emploie 2400 salariés, dont 800 en Corse. L’année dernière, les pertes de la compagnie publique se sont élevées à 25 millions d’euros.