Marine Marchande
SNCM : Point de situation

Actualité

SNCM : Point de situation

Marine Marchande

La compagnie maritime française est à une période charnière de son histoire. Engagée dans une bataille vitale pour l’obtention de la délégation de service public (DSP) pour la desserte des ports corses depuis Marseille, elle va probablement devoir, comme sa concurrente Corsica Ferries, revoir sa copie, le président de l'exécutif corse ayant annoncé mercredi que l’appel d’offres était infructueux. Dans le même temps, la SNCM s’est vue sommée par la Commission européenne de rembourser 220 millions d’euros d’aides publiques, une décision qu’elle conteste pour une facture qu’elle ne peut payer. Dans une position complexe, l’armement marseillais doit, par ailleurs, gérer une inévitable restructuration interne, avec en toile de fond son important projet de renouvellement de sa flotte, la commande de nouveaux navires étant espérée cette année.  

Sur toutes ces questions d’actualité, et d’autres, nous avons fait le point avec Pierre Jaumain, directeur de la communication et du marketing de la SNCM.

 

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MER ET MARINE : Mardi, Paul Giacobbi, le président de l’exécutif corse, a déclaré « qu’aucun candidat n’a remis une offre légalement et financièrement acceptable » dans le cadre de l’appel d’offres sur la DSP. Lors de sa prochaine réunion, début juin, la Collectivité territoriale de Corse va donc constater que cet appel d’offres est infructueux. Que va-t-il se passer maintenant et quelles seront les conséquences d’une nouvelle procédure ?

 

PIERRE JAUMAIN : Cette question sera au cœur des débats de la Collectivité Territoriale de Corse les 6 et 7 juin prochains. Nous serons présents. Nous n’avons jamais d’appréciations sur le fond avant les votes de la collectivité souveraine.

 

Quelle est votre réaction concernant la décision de la Commission européenne de réclamer à la SNCM le remboursement de 220 millions d’euros d’aides publiques, octroyées au profit du service complémentaire ?

 

Nous allons faire appel. Nos actionnaires partagent cette position, Veolia comme l’Etat. La décision de la Commission européenne est « un incident  de parcours ». Elle est contestable en droit et nous la contestons.

 

Sur quelle base justifiez-vous ces subventions ?

 

Comme le souligne le gouvernement français, le service complémentaire est destiné à renforcer pendant les périodes de pointe le service permanent assuré sur les lignes desservant la Corse pendant toute l’année. Il répond à un besoin réel de service public. La compensation correspondant à ce service est assise sur des paramètres fixés de façon objective et transparente, à la suite d’une procédure de mise en concurrence ouverte à tous.

 

Quelles seraient les conséquences si la SNCM était contrainte de payer les 220 millions d’euros ?

 

Il ne faut pas anticiper les étapes. Nous pensons que les procédures d’annulation ou d’appel aboutiront.

 

Cette menace est-elle de nature à geler vos projets d’investissement dans les nouveaux navires, même si vous remportez la DSP ? Faudrait-il attendre le résultat des recours avant de commander ?

 

Notre projet stratégique  est en train d’être finalisé et le Conseil de Surveillance aura à s’exprimer bientôt. La transformation de l’entreprise est en cours. Nous ne sommes pas à l’arrêt. Nous avançons et nous préparons une nouvelle saison pour nos clients.

 

Quand souhaitez-vous passer commande des nouveaux navires ?

 

Nous attendons le résultat de l’appel d’offres sur la DSP et les discussions au sein du Conseil de Surveillance pour confirmer  la commande des nouveaux navires.

 

Où en est le plan de réorganisation de l’entreprise et le nouveau pacte social ?

 

Nous y travaillons. Les réunions s’enchainent et elles sont constructives. L’aboutissement est naturellement lié aux perspectives d’avenir que nous serons en mesure de dégager.

 

Etes-vous satisfait des résultats de l’activité des lignes vers la Corse en 2012. Comment se présente 2013 ?

 

Un million de passagers ont été transportés sur les lignes corses l’an dernier. Selon l’observatoire régional des transports vers la Corse, nous avons obtenu 34.3 % de parts de marché en 2012 soit 7.7 % de plus en deux ans, alors que la même source annonce 57.7 % pour la compagnie concurrente mais avec une perte de marché de 5.7 % sur la même période. La saison estivale 2013 démarre bien pour la SNCM, l’activité vers la Corse devrait être équivalente à celle de l’année dernière. Mais cette année, un phénomène de retard est observé pour l’ensemble des destinations françaises et nous nous attendons à de nombreuses ventes de dernière minute.

 

Quelle est aujourd’hui votre stratégie de développement sur la Méditerranée?

 

La saison estivale 2013 démarre également bien pour les destinations du Maghreb et nous notons une dynamisation du marché. Notre stratégie de développement sur la Méditerranée est plus que jamais d’actualité.  Cette année, nous avons décidé d’affréter le navire el Venizelos durant 16 mois vers le Maghreb en remplacement de notre navire Ile de beauté.

 

Comptez-vous maintenir votre présence à Toulon ?

 

Oui.

 

Concernant les navires affrétés, l’Excelsior, qui remplace le Napoléon Bonaparte, est-il passé sous pavillon français ? Quand doit arriver l’El Venizelos ?

 

L’Excelsior devrait  être francisé le 21 mai. L’El Venizelos partira du Pirée le 18 mai et arrivera à Marseille le 21 dans la matinée. Il doit assurer une rotation sur la Tunisie le 25 mai.

 

Pensez-vous toujours réparer le Napoléon Bonaparte, gravement endommagé en octobre dernier après avoir heurté un quai suite à la rupture de ses amarres lors d’un coup de vent ?

 

Le Napoléon Bonaparte est  à Marseille. Il devrait y avoir un appel d’offres international pour la réparation éventuelle du navire.

 

L’île de Beauté ne naviguera plus aux couleurs de la SNCM et a rejoint Bizerte, où il est désarmé en attendant sa vente. D’autres navires sortiront-ils prochainement de flotte ?  

 

Pour l’instant, ce n’est pas d’actualité.

Corsica Linea (ex-SNCM)