Construction Navale
SNSM : Couach va signer le contrat de la future flotte de sauvetage

Actualité

SNSM : Couach va signer le contrat de la future flotte de sauvetage

Construction Navale

Le rendez-vous est fixé le 17 octobre à Paris dans le décor très feutré des salons du Yacht Club de France. C’est là que la Société Nationale de Sauvetage en Mer signera avec le constructeur girondin Couach le contrat de maitrise d'œuvre portant sur la conception et la réalisation de sa future flotte.

Un projet unique dans l’histoire de l’association, qui commandait jusqu’ici ses moyens de sauvetage à différents chantiers, au gré de ses besoins, surtout de ses ressources financières (et de leur provenance). Un contexte devenu très délicat, surtout au moment de nombreux canots tous temps (CTT) et vedettes, en fin de vie, doivent être remplacés de manière urgent par une nouvelle génération de bateaux. D’où l’idée de la SNSM de standardiser sa flotte et de trouver un maître d’œuvre unique afin de réduire les coûts et solutionner les problématiques financières de son statut d’association, qui ne peut emprunter et donc lancer une politique d’acquisition en série sur le long terme.

En confiant à un seul acteur toute la future flotte, du CTT au pneumatique, cela dans le cadre d’un contrat de 10 ans (avec une tranche ferme de 5 ans correspondant à 50% du besoin global), il s’agit de donner à l’industriel une visibilité importante et la possibilité de trouver des solutions de financement. Pour la SNSM cela permettra aussi d’homogénéiser un outil nautique aujourd’hui très disparate, avec des gains financiers significatifs attendus, tout en facilitant la formation des sauveteurs et la logistique liée à la maintenance.  

Le projet porte sur un besoin de renouvellement d’au moins 70 embarcations, pour un investissement estimé entre 40 et 50 millions d’euros, les premières livraisons devant intervenir en 2020.

A l’issue d’une procédure de dialogue compétitif, l’offre de Couach a été retenue en juillet dernier. Le chantier de Gujan-Mestras, sur le bassin d’Arcachon, s’est pour l’occasion allié aux architectes Frédéric Neuman et Christophe Barreau, le premier ayant pour mémoire travaillé en 2017 avec la SNSM sur une étude préliminaire qui avait permis de définir les besoins fonctionnels et la structuration en gamme des futurs moyens nautiques de l’association. Ce trio faisait partie des trois finalistes désignés par l’association suite à l’appel à candidatures lancé en avril 2018. L’un deux, le cherbourgeois CMN, a cependant très vite décidé de jeter l’éponge. Ne restait donc plus en course face à l’offre Couach-Neuman-Barreau que le groupe Grand Large, en coopération avec le bureau d’architecture Delion.

 

Le projet, retenu, présenté par Couach (© :

Le projet, retenu, présenté par Couach (© : COUACH - NEUMAN & BARREAU) 

Le projet, écarté, présenté par Grand Large et Delion (© :

Le projet, écarté, présenté par Grand Large et Delion (© : GRANDE LARGE - ARCHI DELION) 

 

Considéré très tôt par un certain nombre d’observateurs comme favori, Couach, bien que n’ayant jamais travaillé pour la SNSM, l’a donc emporté. Mais ce choix ne fait manifestement pas l’unanimité au sein de l’association et dans son environnement. Au-delà des constructeurs historiques de bateaux de sauvetage, qui considèrent avoir été d’entrée de jeu écartés car n’offrant pas la surface financière permettant de répondre aux nouvelles exigences de la SNSM, les dents grincent aussi chez certains donateurs. A commencer par des collectivités locales sur les territoires desquelles se trouvent ces chantiers. Président de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard a été le premier à s’en émouvoir dans une interview publiée le 13 septembre sur Mer et Marine : « En tant que gros financeur du nouveau programme de vedettes de sauvetage, nous avons un peu de mal à comprendre que les chantiers de notre région n’aient pas été retenus pour ces nouvelles constructions. Nous allons suivre ce dossier avec grande vigilance ».

Du côté des stations de la SNSM, dont les bénévoles sont chargés de réunir une bonne partie du financement des nouveaux bateaux, la pilule ne semble pas non plus toujours très bien passer. Certaines ne sont apparemment pas satisfaites du processus engagé et du projet retenu par le siège. Au point, dit-on dans les coursives, que des stations auraient entrepris de discuter directement avec d’autres chantiers, ce qui reviendrait à court-circuiter Paris. Peut-être ne s’agit-il là que de réactions épidermiques très localisées, et que cela n’ira pas plus loin. Sauf évidemment si certaines collectivités ou autres donateurs entraient dans le jeu et conditionnaient leur financement à d’autres solutions que celles prévues aujourd'hui.

Pour mémoire, la Flotte du futur doit se répartir en une gamme composée de six types de bateaux : Il s’agit des Navires de Sauvetage Hauturiers de première classe (NSH 1) d’environ 17 mètres et de seconde classe (NSH 2) de 14.5 mètres. Regroupées dans la même catégorie, les quatre autres embarcations sont dédiées aux opérations proches du littoral, avec un seul modèle de vedette, le Navire de Sauvetage Côtier de première classe (NSC 1), qui mesurera 11.7 mètres. S’y ajoutent deux types de semi-rigides, le NSC 2 de 8.6 mètres et le NSC 3 de 6.4 mètres, ainsi que des pneumatiques (IRB) de 3.9 mètres et des jet-skis de 3.4 mètres regroupés dans une dernière catégorie, nommée NSC 4.

Sur les 10 prochaines années, les besoins de base pour renouveler les moyens des stations métropolitaines et ultramarines de la SNSM sont aujourd’hui estimés autour de 20 NSH et 50 NSC. 

Sauvetage et services maritimes Couach