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SNSM : Les plaisanciers bientôt taxés ?

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SNSM : Les plaisanciers bientôt taxés ?

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Le député normand Sébastien Jumel (PCF) souhaite que les plaisanciers contribuent au financement de la SNSM. Il a l’intention de déposer une proposition de loi en ce sens. Une « fausse bonne idée », pour son homologue breton Éric Bothorel. Sur les pontons, l’idée divise.

Et si les plaisanciers payaient une contribution, progressive en fonction de la puissance et de la taille de leur embarcation, pour financer la SNSM ? C’est l’idée que porte Sébastien Jumel, député (PCF) de Dieppe. L’élu a déjà fédéré plus de 40 députés, de tous bords, autour de cette idée. Il espère que cette proposition de loi, qui viendrait compléter le code des transports en un article unique, pourra être discutée à l’automne. Cette contribution-sauvetage s’échelonnerait entre 5 et 30 euros, pour les bateaux à partir de 7 mètres.

« Lorsqu’un alpiniste se fait hélitreuiller, on lui demande de payer le peloton de gendarmerie de haute-montagne ?

« À nous de payer ? Encore ? » s’exclame Jean-Claude, sur le port de Kernevel à Larmor-Plage (56). « La SNSM fait un travail considérable, mais à un moment il faut que l’État prenne ses responsabilités, poursuit le retraité, propriétaire d’un bateau à moteur. Un collègue enchaîne, en montrant de modestes embarcations échouées sur le sable en cette marée basse : « Vous les voyez tous ces petits bateaux de plaisance ? Ce sont les petits bateaux de retraités d’ici, ils naviguent peu, c’est juste pour faire plaisir aux petits enfants l’été, il faudrait les faire payer ? Tous ces gens, avant, ils ne se faisaient pas verbaliser pour une poignée de bigorneaux en trop, et ils pouvaient mettre leurs bateaux en bas de chez eux ; depuis que le port de plaisance a été construit, il coûte tellement cher que certains n’ont plus les moyens d’avoir un bateau, alors payer une taxe en plus… Moi, je suis contre ».

Jean-Claude abonde : « Lorsqu’un alpiniste se fait hélitreuiller en montagne, on lui demande de payer le peloton de gendarmerie de haute-montagne ? Il faut simplement que l’État revoie son engagement pour le secours en mer, voilà tout ! » Pour lui, il ne faut pas oublier que « la mer, ce ne sont pas que les plaisanciers » : « A ce moment-là, il faut faire payer tous les usagers : ceux en kite-surf, en planche à voile ou même en kayak ! Eux aussi, ils sont bien contents de se faire secourir par la SNSM quand ils ont un pépin ! »

« Il faudrait que l’État paie davantage ! »

À peine plus loin, Yvon et Michel, 64 et 69 ans, s’amarrent au ponton. Ils reviennent d’une croisière de cinq jours autour de Belle-Ile à bord du beau voilier d’Yvon. « La France aurait tout intérêt à mieux considérer toutes ses façades maritimes, et à se doter d’un vrai ministère de la Mer, qui justement prendrait à sa charge le secours. Aujourd’hui, c’est la SNSM, seulement financée à 30 % par l’État et 70 % par des dons privés : il faudrait que ce soit l’inverse ! Parce que les dons, c’est bien, mais ce sont toujours les mêmes qui donnent ».

« Je paie 2 600 euros par an pour avoir cette place, renchérit Yvon. Alors s’il fallait que je rajoute 50 euros pour la SNSM, je le ferais bien volontiers. Il faut voir comment ces hommes risquent leur vie pour nous ! » Ce chef d’orchestre sait de quoi il parle : en 2008, naufragé dans le raz de Sein, il a eu la vie sauve grâce aux Sauveteurs en mer. « Je leur suis éternellement reconnaissant, et à l’époque, j’avais organisé un concert, et nous leur avions reversé tous les bénéfices… »

Un article de la rédaction du Télégramme

Sauvetage et services maritimes