Construction Navale
Sofresid présente une barge GNL multifonctions pour les escales de gros navires

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Sofresid présente une barge GNL multifonctions pour les escales de gros navires

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Une barge capable de fournir jusqu’à 20 MW de courant pour les navires à quai, de récupérer leurs eaux de ballast, les résidus de scrubbers ou les déchets… « Notre barge Elementa est un véritable couteau suisse qui peut se déployer partout, pour servir des navires de commerce et des paquebots, le tout avec une énergie produite par du GNL ». Francis Armengaud est le directeur de Sofresid, une société d’ingénierie appartenant au groupe Saipem, employant actuellement 350 personnes en France « dont près de 230 dans nos implantations de l’Ouest majoritairement dédiée à l’industrie navale ».

Sofresid travaille depuis longtemps pour des grands clients, comme Naval Group, Total ou les Chantiers de l’Atlantique. « Depuis quatre ans, nous nous sommes orientés vers l’innovation autour de la transition énergétique : nous avons compris que notre savoir-faire dans l’ingénierie des navires complexes, l’évolution de la règlementation mais aussi notre proximité et notre maîtrise de la logistique, allaient nous être favorables ». Cela a commencé avec les scrubbers « qui sont des équipements dont on a découvert qu’ils étaient loin d’être plug and play. Nous travaillons donc avec les armateurs et les chantiers pour l’ingénierie de rétrofit et avons acquis une belle reconnaissance dans ce domaine ». C’est d’ailleurs pour cette nouvelle activité que Sofresid a ouvert un bureau à Marseille, où l’entreprise a travaillé notamment avec CMA CGM ou les compagnies de ferries.

Toujours dans le cadre de ce plan d’innovation, Sofresid a travaillé sur Octopol, une barge capable de recueillir jusqu’à 2000 m3 d’eaux de ballast par heure, puis sur Sherpaz, un concept de souteur GNL développé avec Mauric. Et puis Elemanta, qui vient de recevoir le Grand prix national de l’ingénierie du ministère de la Transition écologique. Développée en interne, cette barge mesure une soixantaine de mètres et pourrait alimenter deux gros paquebots à quai en même temps. « C’est une solution qui suscite déjà de l’intérêt, de la part des armateurs et de la part des ports. Pour le courant quai, elle a l’avantage de ne pas coûter très cher surtout quand on compare avec l’investissement que représente le fait de tirer des lignes haute tension. Elle a un autre avantage puisqu’elle produit de l’électricité à 60 Hz, la fréquence utilisée à bord des navires, contrairement à celle du réseau terrestre qui est à 50 Hz et qui a besoin d’un convertisseur ».

Et le concept est évolutif puisque Sofresid, qui travaille sur le biohydrogène par ailleurs, imagine déjà une solution mêlant ammoniaque et hydrogène pour la production d’une électricité zéro-émission. « La seule chose qui nous manque, c’est un opérateur. Il nous faudrait un partenaire qui puisse armer le navire, un armateur, un Grand Port, une collectivité… on pourrait, par exemple, imaginer un achat public suivi d’un contrat de concession à un opérateur privé ».