Défense
Sophia : Un an de lutte contre les passeurs en Méditerranée centrale

Actualité

Sophia : Un an de lutte contre les passeurs en Méditerranée centrale

Défense

Face à la crise migratoire, l’Union européenne décidait, le 22 juin 2015, de déclencher l’opération Sophia. Objectif : lutter contre les passeurs organisant par la Méditerranée le trafic d’êtres humains entre l’Afrique du nord et l’Europe, en particulier depuis les côtes libyennes. Après une première étape  destinée à connaître les modes opératoires des réseaux, le déclenchement de la phase 2A de l’opération le 7 octobre 2015 a permis la force aéromaritime européenne (EUNAVFOR Med) d’intervenir directement contre les passeurs. Cela, en restant pour le moment hors des eaux territoriales libyennes, jusqu’à ce que l’extension de l’opération vers le littoral soit juridiquement possible.

En un an, les marines européennes ont interpelé 71 passeurs présumés (remis aux autorités judiciaires italiennes) et saisi 148 embarcations, sauvant dans le même temps 16.000 migrants.

Le mandat de l’opération, qui courait initialement jusqu’au 27 juillet 2016, a été lors du Conseil du 20 juin prolongé d’un an, Sophia voyant dans le même temps son champ d’action étendu. En plus de la lutte contre les réseaux de passeurs, elle contribue désormais à faire respecter l’embargo sur les ventes d’armes en Libye décrété par l’ONU. L’opération se voit en outre assortie d’un volet destiné à former les personnels de la marine et des garde-côtes libyens pour lutter plus efficacement contre les différents trafics.

 

L'EUNAVFOR Med emmenée par le Cavour (© : EUNAVFOR MED)

L'EUNAVFOR Med emmenée par le Cavour (© : EUNAVFOR MED) 

 

Entrant dans le cadre de la Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC) de l’Union Européenne, Sophia reçoit ses directives d’un Comité constitué d’ambassadeurs des pays membres de l’UE. L’opération est dirigée depuis un état-major international installé à Rome, le commandement à la mer de l’EUNAVFOR Med étant actuellement assuré depuis le porte-aéronefs italien Garibaldi, qui embarque un état-major d’une soixantaine d’officiers provenant des 14 nations engagées dans l’opération.

Le Garibaldi a succédé le 6 juin au Cavour, qui était depuis le 26 juin 2015 le bâtiment amiral à Sophia. Armé par plus de 500 membres d’équipage et embarquant deux hélicoptères EH101, le porte-aéronefs, qui a réalisé en un an quelques 200 jours de mer au profit de l’opération, a servi de plateforme de commandement et d’hôpital flottant au profit des migrants sauvés en mer. Ces fonctions sont donc désormais assurées par le Garibaldi.

 

 

Le Garibaldi (© : EUNAVFOR MED)

Le Garibaldi (© : EUNAVFOR MED) 

 

Malgré le retour du printemps et la démultiplication attendue des tentatives de traversées vers l’Europe, on notera que l’EUNAVFOR Med, qui a compté en 2015 jusqu’à 10 bâtiments, a vu ses moyens réduits l’hiver dernier, sans pour autant que le dispositif soit renforcé avec le retour des beaux jours. Ainsi, depuis le départ de la frégate allemande Karlsruhe le 16 juin, la force navale européenne ne compte plus au large des côtes libyennes que quatre bâtiments : le Garibaldi, le ravitailleur allemand Frankfurt, la frégate espagnole Reina Sofia et le navire océanographique britannique HMS Enterprise, ainsi que trois avions de surveillance et de patrouille maritime mis à disposition par l’Espagne, la France et le Luxembourg (le P-3C Orion portugais présent depuis deux mois a quitté Sophia le 18 juin). 

Pour mémoire, 150.000 migrants ont traversé en 2015 la Méditerranée centrale, principalement depuis la Libye, pour rejoindre l’Europe. 3000 ont péri en mer. 

 

Migrants recueillis par une frégate espagnole (© : EUNAVFOR MED)

Migrants recueillis par une frégate espagnole (© : EUNAVFOR MED) 

Marine nationale