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Sous-marins : DCNS ne s'avoue pas vaincu au Pakistan

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Sous-marins : DCNS ne s'avoue pas vaincu au Pakistan

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Bien que l'offre allemande de TKMS semble avoir la préférence du Pakistan pour sa prochaine série de sous-marins, le groupe français ne s'avoue pas vaincu. « Nous ne désespérons pas de rester dans la compétition, où les Allemands font plutôt la course en tête avec le U 214 », explique Jean-Marie Poimboeuf, président de DCNS. L'entreprise propose de nouveau le Scorpene, conçu et réalisé en coopération avec l'Espagnol Navantia. Un temps, DCNS avait présenté au Pakistan le Marlin. Il s'agissait d'un dérivé purement français du Scorpene, destiné à contrecarrer le S80 - développé nationalement par les Espagnols et présenté contre le Scorpene sur le marché export. Islamabad, très réticente, avait décliné la l'offre Marlin, craignant qu'il ne s'agisse en fait d'une manoeuvre de la France visant à lui vendre un « Scorpène au rabais », sous-marin acheté fin 2005 par sa rivale indienne. DCNS est donc, finalement, revenu dans la course avec le produit franco-espagnol. Toutefois, pendant que Paris et Madrid se querellaient, les Allemands marquaient des points. Malgré tout, aucun lauréat n'a encore été retenu, bien que l'annonce de la commande ait été initialement prévue avant la fin 2007. Les troubles intérieurs qui ont secoué le Pakistan expliquent ce retard. « La situation politique n'est pas très favorable pour faire avancer le projet », commente-t-on chez DCNS. Les Français espèrent néanmoins profiter de ce contretemps pour redorer leur dossier.

Un Agosta 90B pakistanais (PHOTO : DCNS)
Un Agosta 90B pakistanais (PHOTO : DCNS)

Un Scorpene avec MESMA dans la balance

« Nous mettons en avant la qualité du Scorpène et la propulsion anaérobie du type MESMA », souligne Jean-Marie Poimboeuf. Conçu par l'établissement DCNS d'Indret, près de Nantes, le Module d'Energie Sous-Marine Anaérobie permet d'augmenter considérablement l'autonomie en plongée des sous-marins non nucléaires. Faisant tourner un générateur qui alimente une turbine à vapeur, cet Air Independent Propulsion (AIP) fonctionne suivant le même principe que la propulsion nucléaire, la source chaude étant remplacée par du gasoil ou de l'éthanol. La combustion du carburant crée des gaz à 700 degrés qui vont céder leurs calories à de l'eau. Celle-ci se transforme en vapeur, qui va se détendre dans la turbine, qui fait elle-même tourner les alternateurs. Le comburant, qui ne peut être de l'air, est remplacé par de l'oxygène, servant également à alimenter l'équipage en air respirable. Cet oxygène est stocké dans des bouteilles, sous forme cryogénique, à une température de - 183 degrés. Le système a déjà été vendu au Pakistan pour équiper ses sous-marins du type Agosta 90B, le troisième bâtiment de la série et premier équipé du MESMA étant actuellement en essais. Bien que l'Hamza ne soit pas encore en service, le Pakistan a d'ores et déjà commandé à DCNS deux autres MESMA pour équiper ses sisterships. Le premier module devrait être installé en 2011, après trois ans de montage à Indret puis d'intégration à Cherbourg. La refonte des Khalid et Saad devrait prendre entre 7 et 8 mois. On notera que pour les Agosta, des sous-marins à double coque, l'éthanol a été retenu comme carburant. Ce ne sera pas le cas pour les Scorpene. Pour ces navires à simple coque, il est prévu de faire fonctionner le MESMA avec du gasoil, ce qui permettra d'ailleurs de ne disposer à bord que d'un seul type de combustible, capable d'alimenter à la fois le MESMA et les diesels-alternateurs (lorsque le navire ne se sert plus de l'AIP).

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