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Sous-marins : Oslo s’oriente vers une alliance stratégique avec Berlin
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Sous-marins : Oslo s’oriente vers une alliance stratégique avec Berlin

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La fin de l’histoire n’est, en réalité, pas encore écrite et des rebondissements sont encore possibles dans les deux ans qui viennent. L'Allemagne a néanmoins frappé un grand coup en parvenant à convaincre Oslo d’interrompre à son profit la compétition opposant DCNS et TKMS pour le renouvellement de la flotte sous-marine norvégienne. En lieu et place d’une poursuite du processus vers un appel d’offres, ou équivalent, permettant de comparer précisément les performances des modèles proposés, ainsi que l’organisation et les retombées d’une coopération industrielle, mais aussi d’une collaboration militaire renforcée avec l’un ou l’autre des pays retenus, la Norvège a opté pour une solution alternative proposée par les Allemands.

Rien n'avait transpiré à Matignon

Une surprise et une douche froide à Paris, où la visite de la première ministre norvégienne Erna Solberg, reçue le 31 janvier par son homologue français Bernard Cazeneuve (ancien député-maire de Cherbourg, là où DCNS construit ses sous-marins) avait été interprétée comme un signe positif. Différentes sources indiquent que rien dans cet entretien ne laissait présumer du choix d’Oslo, dont la France a eu connaissance moins de 48 heures plus tard par les réseaux du ministère de la Défense. Une méthode diplomatiquement assez surprenante de la part des Norvégiens et qu’on a, apparemment, très peu appréciée à Matignon.

Flotte commune

Vendredi 3 février, c’est Eriksen Søreide, ministre de la Défense, qui a officialisé la décision du gouvernement norvégien de s’orienter finalement vers un partenariat stratégique avec l’Allemagne. Objectif affiché : mutualiser les coûts entre les deux pays en vue du développement, de la construction et du soutien logistique l’une flotte commune de nouveaux sous-marins.

A cet effet, quatre bâtiments doivent être réalisés pour la Norvège afin de remplacer les six unités du type Ula, mises en service entre 1988 et 1991, alors que l’Allemagne a l’intention d’en construire deux autres pour compléter ses six U-Boote du type 212A, livrés par TKMS entre 2005 et 2016. Un volet opérationnel, couvrant des activités navales conjointes, dont l’emploi des sous-marins, est également prévu entre les deux marines.

Dans le cadre de ce projet, Oslo et Berlin ont comme ambition de signer en 2019 un accord intergouvernemental, à l’issue duquel les négociations reprendront avec TKMS, a indiqué Oslo. La Norvège souhaite disposer du premier de ses nouveaux sous-marins vers 2025, le dernier devant être opérationnel à l’horizon 2030.

 

Sous-marin norvégien de la classe Ula (© US NAVY)

Sous-marin norvégien de la classe Ula (© US NAVY)

La France ne pouvait s’aligner

Il s’agit donc d’un changement de cap complet par rapport au processus initial, qui avait vu, au printemps 2016, TKMS et DCNS choisis comme finalistes d’une procédure de dialogue compétitif. « Le processus compétitif n’est pas allé jusqu’au bout. La Norvège a choisi de s’orienter vers une solution alternative comprenant un partage des coûts sur l’acquisition, le développement, la logistique et les opérations de sous-marins qui seront construits pour les deux pays dans le cadre d’un partenariat stratégique avec l’Allemagne. Nous n’avons donc pas perdu la compétition dans le cadre d’un appel d’offres, qui n’a pas eu lieu, et nous ne pouvions pas nous positionner sur un tel partenariat car la marine française dispose de sous-marins à propulsion nucléaire », souligne Hervé Guillou, président de DCNS.

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