Défense
Sous-marins : Vers une coopération stratégique entre la France et le Brésil ?

Actualité

Sous-marins : Vers une coopération stratégique entre la France et le Brésil ?

Défense

La France semble en capacité de renforcer de manière significative sa présence en Amérique latine. Alors que le président Sarkozy doit rencontrer son homologue brésilien Lula, le 12 février, Sao Paulo se montre ouvertement intéressé par la technologie française en matière de sous-marins. En visite cette semaine à Paris, le ministre brésilien de la Défense a annoncé avoir proposé une alliance stratégique à l'Elysée. Nelson Jobim devait se rendre, ensuite, à Toulon, puis à Cherbourg, où sont basés et construits les sous-marins français. Le Brésil souhaite renouveler sa flotte de bâtiments classiques et travaille à la construction de son premier sous-marin nucléaire d'attaque. DCNS se positionne, avec sa gamme Scorpène, pour vendre quatre navires à propulsion classique. Si le contrat est décroché, ces unités seraient réalisées en transfert de technologie, peut être à l'arsenal de Rio de Janeiro, où ont déjà été construits quatre sous-marins du type 209/1400 allemand. Toutefois, on évoque aussi la construction d'un nouveau chantier en dehors de Rio.

Concernant une éventuelle coopération sur le projet de SNA, la France a toujours indiqué qu'elle ne souhaitait pas opérer de transfert de technologie dans le domaine stratégique de la propulsion nucléaire. En revanche, les industriels tricolores pourraient apporter leur savoir-faire sur le reste du sous-marin. On notera que les futurs navires à propulsion nucléaire brésiliens ne disposeront que d'armements conventionnels. Signataire du traité de non prolifération (TNP) puis du traité de dénucléarisation de l'Amérique du Sud, Sao Paulo n'a pas l'intention de développer des armes nucléaires. Cette position a été réaffirmée il y a quelques semaines par le chancelier brésilien, Celsio Amorim, au cours d'un déplacement officiel au Mexique.

Chasse gardée traditionnelle de l'industrie allemande en matière de sous-marins, l'Amérique latine s'est progressivement ouverte aux Français à la fin des années 90. Après la vente de Scorpène au Chili, en 97, puis la modernisation des systèmes de combat des anciens sous-marins allemands de ce pays, DCNS a participé à la modernisation des SDC des sous-marins vénézuéliens et vient de décrocher celle des sous-marins équatoriens. Une nouvelle percée, cette fois au Brésil, serait stratégique pour le groupe. Au niveau naval, Paris et Sao Paulo entretiennent de bonnes relations. Le Brésil a, notamment, racheté en 2000 l'ex-porte-avions Foch et accepté que les Super Etendard de la Marine nationale viennent s'y entrainer au printemps, en attendant la remise en service du Charles de Gaulle.

Naval Group | Actualité industrie navale de défense