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SS Independence : Après l'ex-Norway, au autre vieux transatlantique à la ferraille ?

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Le paquebot Independence, construit en 1951, a quitté les Etats-Unis il y a quelques jours pour une destination inconnue. Le vieux navire avait été racheté en 2003 par le groupe NCL, ancien armateur du Norway (ex-France), qui avait également acquis à l'époque le SS United States (1952). Le numéro 3 mondial de la croisière souhaitait, alors, réarmer ces vieux liners. Faute de moyens financiers, les travaux n'ont, toutefois, jamais été entrepris. Dans ces conditions, le SS Independence a été vendu par NCL l'été dernier. Remorqué pour une traversée du Pacifique, sa destination finale n'est pas connue. Les rumeurs évoquent un démantèlement au Bengladesh ou en Inde, où un transit vers Singapour.
Mis sur cale en 1949 aux chantiers navals Bethlehem Steel Corporation de Quincy, dans le Massachussetts, l'Independence a été construit pour la compagnie American Export Line's, qui l'a d'abord exploité entre New York et la Méditerranée. Avec l'effondrement du marché transatlantique, concurrencé par l'avion, le navire fut désarmé en 1968 puis racheté en 1974 pour être opéré comme navire de croisière. Renommé Oceanic Independence et refondu avec une capacité de 950 passagers en classe unique, il est exploité deux ans avant d'être immobilisé, à Hong Kong. En 1979, le navire est de nouveau transformé, cette fois au Japon, et présente à sa sortie des chantiers une jauge de 20.220 tonneaux et une capacité de 750 passagers. Il est alors basé à Honolulu et opère pour le compte de la compagnie American Hawaii Cruises, qui rachète également son sistership, le Constitution, en 1982. Modernisé en 1994, l'Oceanic Independence réalise sa 1000ème croisière au départ de l'archipel américain en 1999. Il cessera d'être exploité en 2001 et sera transféré à San Francisco où il sera désarmé.

2003 : NCL rachète des vieux liners pour le marché américain

Début 2003, Norwegian Cruise Line annonce le rachat de l'Independence et du SS United States, un grand liner de 208 mètres et 53.329 tonneaux de jauge. La compagnie fait, à l'époque, face à un obstacle majeur pour opérer des navires aux couleurs US. En effet, selon la loi, tout bateau immatriculé aux Etats-Unis doit être réalisé sur le sol américain. Aucun chantier du pays n'étant capable de construire des navires de croisière, NCL opte pour la refonte de vieilles unités. L'Indie et le Big U ne sont, toutefois, pas dans le meilleur des états. A San Francisco, l'Independence se révèle techniquement difficile et coûteux à restaurer. La refonte et la mise aux normes, jugées trop onéreuses, sont abandonnées, d'autant que NCL obtient des dérogations pour opérer des unités neuves sous pavillon américain, depuis Hawaï. Ce sera, en 2004, la création de NCL America, avec l'entrée en flotte du Pride of Aloha, puis du Pride of America (2005) et du Pride of Hawai'i (2006).
L'Independence vendu, il reste pour l'armateur à gérer le cas du United States, toujours en attente à Philadelphie, sur la côte Est. Presque soixantenaire, le liner n'a pas navigué par ses propres moyens depuis 1969. Il avait certes gagné la Turquie au début des années 90 pour un chantier de désamiantage mais le transit s'était fait en remorque, à l'aller comme au retour. Officiellement, NCL étudie toujours la possibilité de rénover et de remette en service le Big U, dont l'avenir reste cependant très incertain. La compagnie ne peut, en tous cas, pas s'en débarrasser facilement, dans la mesure où le SS United States est inscrit à l'équivalent américain de l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Protégé, il ne pourra donc être envoyé à la casse, sauf si son état se détériore au point de constituer un danger pour son intégrité ou le port de Philadelphie.

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