Construction Navale
STX Europe : Le dernier dirigeant norvégien quitte le navire

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STX Europe : Le dernier dirigeant norvégien quitte le navire

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Un an après la prise de contrôle du groupe naval européen (ex-Aker Yards) par le Sud-Coréen STX Shipbuilding, Torstein Dale Sjotveit a décidé de démissionner de ses fonctions de président et CEO (Chief Executive Officer) de STX Europe. « Sa démission suit l'achèvement d'un processus profond de transformation du groupe de construction navale », indique STX Europe dans un communiqué. Le départ du patron norvégien marque aussi, et peut être surtout, la fin d'un processus de remplacement du management nordique par des dirigeants sud-coréens. Ainsi, c'est Sang-Ho Shin, ancien vice-président de STX Shipbuilding, arrivé en septembre 2008 comme directeur des opérations chez STX Europe, qui devient CEO. En janvier dernier, Ole Heggheim avait pour sa part démissionné de ses fonctions à la tête de la direction financière du groupe, pour laisser la place au Sud-coréen Byung-Ryun Woo. Quant au nouveau Conseil d'administration, élu au mois de mars dernier, il ne compte plus, comme Européens, que les trois représentants du personnel. Les cinq autres membres sont tous Coréens. Après s'être emparé, à la surprise générale, de 39% du capital d'Aker Yards en octobre 2007, STX a lancé à l'été 2008 une OPA sur l'ensemble du groupe. La totalité du capital étant acquise, STX Europe s'est retiré en février dernier de la bourse d'Olso, où le titre était jusque là coté. Le constructeur européen est désormais considéré comme partie intégrante de STX Business Group. STX Europe ASA compte 15 chantiers en Finlande, France, Norvège, Roumanie, Brésil et Vietnam, ainsi que des participations dans 3 chantiers en Allemagne et Ukraine. L'ensemble représente quelques 16.000 employés.

L'homme de la rectructuration

Torstein Dale Sjotveit avait accédé au poste de président d'Aker Yards ASA au printemps 2008, au moment où le groupe subissait d'importantes pertes financières liées notamment à son activité finlandaise dans les ferries. Le nouveau patron s'était alors efforcé de mettre en place des améliorations opérationnelles, tout en consolidant la structure actionnariale, incluant l'entrée de l'Etat Français comme co-actionnaire de STX France (ex-Chantiers de l'Atlantique). « Après deux ans de défis importants avec des retards et des coûts élevés, 2008 a été une année de changement du management et d'améliorations. Dans une période caractérisée par des troubles financiers généralisés, nous avons produit une série de projets structurants et contrôlés. J'ai appris à connaître l'organisation de STX Europe comme fortement compétente, innovante et désireuse de changement. Je suis fier des résultats visibles aujourd'hui, grâce aux contributions des membres des équipes fortement impliquées dans l'entreprise », explique l'ancien président. Face aux inquiétudes de certains salariés de voir les Sud-coréens totalement aux commandes, Torstein Dale Sjotveit tente de rassurer. « J'ai aussi remarqué que les dirigeants de STX Business Group sont très investis et créatifs, qu'ils connaissent le domaine de la construction navale par expérience et par passion. Sur cette base, je suis confiant en la poursuite de la croissance impressionnante de STX Business Group avec STX Europe. La société est bien positionnée pour d'imminentes opportunités de marchés. Après une complète restructuration, STX Europe est prêt pour une nouvelle phase et je considère que c'est le bon moment pour moi de partir ».
Malgré l'optimisme affiché, la situation de STX Europe n'est pour le moment pas des plus brillantes. S'il reste une soixantaine de navires à livrer dans la branche offshore, la division Cruise & Ferries est à la peine. Les sites finlandais, qui n'ont plus que deux paquebots et deux ferries à achever, ont déjà mis au chômage technique un millier de salariés. Quant aux chantiers de Saint-Nazaire, leurs trois derniers paquebots seront livrés d'ici mai 2010. Faute de nouvelles commandes, la direction prévoit des mesures de chômage pour environ 1000 salariés à compter du mois de juillet. Et ce malgré la notification d'un nouveau Bâtiment de Projection et de Commandement (BPC) pour la Marine nationale. Pour sauver la mise, STX France espère toujours décrocher deux nouveaux paquebots auprès de MSC Croisières.

Meyer Turku (ex-STX FINLAND)