Construction Navale
STX Europe : Le point sur une situation contrastée

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STX Europe : Le point sur une situation contrastée

Construction Navale

Le groupe naval européen a présenté ses résultats pour le troisième trimestre, caractérisé par une amélioration de sa performance générale. Entre juillet et octobre, STX Europe a, en effet, réalisé un EBITDA de 45 millions d'euros, contre 11.7 millions durant la même période de 2009. Depuis le début de l'année, l'EBITDA du groupe s'élève à près de 81 millions d'euros, alors que les 9 premiers mois de 2009 n'avaient généré que 21.7 millions d'euros. L'année devrait donc bien se terminer pour le constructeur, qui prendra en compte, au quatrième trimestre, la livraison du paquebot géant Allure of the Seas.

Le Skandi Skolten, livré cet été   (© : STX EUROPE)
Le Skandi Skolten, livré cet été (© : STX EUROPE)

L'offshore se porte très bien

On notera qu'au troisième trimestre, 5 navires ont été livrés par STX Europe, uniquement dans l'offshore. La période a été assez favorable aux prises de commandes, avec 541 millions d'euros de nouveaux contrats, portant le carnet de commandes total de STX à 3.29 milliards d'euros. Bien qu'important, ce portefeuille est néanmoins très en deçà, en valeur, de ce qu'il était au milieu des années 2000. L'activité de STX Europe est en effet toujours très contrastée, avec de beau succès dans l'offshore et une situation toujours délicate dans le secteur des ferries et de la croisière. La division Offshore and Specialized Vessels, dont les activités ont été transférées au sein de la société STX OSV, basée à Singapour, connait une période faste. Au troisième trimestre, elle a généré un EBITDA de 50 millions d'euros, contre 20 millions d'euros sur le même période de 2009. De janvier à octobre, cette activité présente un EBITDA de 122.6 millions d'euros, plus que doublé par rapport aux trois premiers trimestres de l'année dernière (48 millions d'euros). Son carnet de commandes s'élève à 48 navires, soit 2.15 milliards d'euros, dont 511 millions de nouveaux contrats pris au troisième trimestre.

Le chantier de Rauma   (© : STX EUROPE)
Le chantier de Rauma (© : STX EUROPE)

La division Cruise & Ferries peine à se relever

La situation est en revanche beaucoup plus délicate pour la division Cruise & Ferries, qui compte les chantiers finlandais de Turku, Rauma et Helsinki, ainsi que ceux de Saint-Nazaire (détenus à 33.34% par l'Etat français). Au troisième trimestre, cette activité a enregistré un EBITDA négatif de 5.5 millions d'euros (- 4.8 millions d'euros au troisième trimestre 2009). Depuis le début de l'année, la division cumule les pertes, les 9 premiers mois de 2010 se soldant par un EBITDA de - 40.8 millions d'euros, trois fois supérieur aux trois premiers trimestres de l'an passé. Ces pertes sont consécutives à la sous-charge sévissant dans les chantiers, qui manquent toujours de commandes. Avec l'Allure of the Seas, Turku a livré son dernier paquebot. Faute de nouveau bateau à réaliser dans l'immédiat, des centaines de postes ont été supprimés. Un accord a été signé en octobre avec Viking Line pour la construction d'un ferry de 210 mètres et 870 cabines. Si la commande est signée, le site de Turku devrait débuter la production en 2011 pour une livraison en 2013. Rauma, de son côté, livrera dans un peu plus d'un mois le premier des deux ferries géants commandés par P&O. Le site, un peu mieux doté que son compatriote de Turku, doit aussi achever en 2012 un navire de recherche polaire pour l'Afrique du sud. Quant à Helsinki, la construction neuve est terminée, le chantier se concentrant sur les activités de refonte.

Le BPC Dixmude à Saint-Nazaire en septembre  (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)
Le BPC Dixmude à Saint-Nazaire en septembre (© : BERNARD BIGER - STX FRANCE)

Concernant Saint-Nazaire, la situation s'est un peu améliorée ces derniers mois avec la concrétisation de deux commandes de paquebots pour la compagnie libyenne GNMTC et l'armateur italo-suisse MSC Croisières. Ces deux unités seront livrées en 2012. D'ici là, STX France achève pour le printemps 2011 un bâtiment de projection et de commandement (BPC) destiné à la Marine nationale. Le chantier, qui espère décrocher rapidement de nouveaux contrats, est encore dans une position délicate. Il doit, en effet, gérer la remontée en puissance de son outil industriel après de longs mois de creux de charge. Il conviendra également de voir comment se porte la sous-traitance, très durement touchée par le manque d'activité sur les paquebots.

Meyer Turku (ex-STX FINLAND)