Construction Navale
STX France : Accord en vue sur l'indemnisation du chômage partiel

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STX France : Accord en vue sur l'indemnisation du chômage partiel

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Le soulagement était de mise, hier soir, aux chantiers STX de Saint-Nazaire. Après une semaine de conflit, les cinq organisations syndicales ont toutes signifié leur approbation en vue de signer, aujourd'hui, le nouvel accord sur l'indemnisation du chômage partiel. D'une durée de trois mois, c'est-à-dire de mars à mai, cette convention, dite APLD, défini les modalités suivant lesquelles les salariés de STX France seront indemnisés durant les jours chômés. Elle fait suite à une précédente convention, couvrant la période allant de novembre à fin février. A l'issue des négociations, la direction a accepté d'inclure les primes dans la base de calcul de l'indemnisation. Elle est en outre d'accord pour permettre, en cas de commande prochaine d'un navire, que les salariés ne disposant pas (ou plus) de compte épargne temps puissent utiliser un crédit d'heures qui serait ensuite rattrapé lors des périodes de forte charge (et permettrait un maintien de la rémunération à 100%). Hier, la direction a, en outre, accepté que la nouvelle assiette d'indemnisation soit appliquée sur la période en cours (15 janvier - 15 février), tout en portant de 1000 à 1100 euros le salaire minimum. L'ensemble devrait permettre aux personnels touchés par le chômage partiel de voir maintenue leur rémunération à environ 92% du salaire net. Outre les modalités d'indemnisation, l'accord prévoit une clause interdisant les licenciements économiques sur une période de six mois.

Les essais en mer du C33 sauvés

Confronté à une très importante baisse de charge liée au manque de commandes, STX France espère engranger cette année de nouveaux contrats. Mais, pour les honorer, l'industriel doit maintenir des compétences clés, ce qu'il fait au travers d'un accord qui demeure très coûteux pour l'entreprise. « Même si la situation reste difficile, on a quand même de la chance avec cet accord, que bien des entreprises en difficulté vont nous envier », reconnaît un responsable syndical. Alors que le chantier négocie actuellement avec plusieurs clients la commande de nouveaux paquebots, une grève déclenchée en marge des négociations sur la convention APLD a sérieusement inquiété la direction. Des ouvriers des ateliers, mécontents des pertes de salaire liées à l'absence de prise en compte des primes (ce qui est désormais le cas avec le nouvel accord), ont bloqué à trois reprises les accès au paquebot Norwegian Epic (C33), en achèvement au bassin C. Par chance pour les relations entre STX et son client, la compagnie américaine NCL, ces perturbations, qui ont créé de vives tensions sur le site cette semaine, n'ont pas retardé les premiers essais en mer du navire. Hier soir, STX annonçait que le paquebot géant devait quitter Saint-Nazaire cette nuit, comme prévu, avec 300 personnes à bord, dont 30 représentants de l'armateur.
Si le climat social est désormais « apaisé » sur la convention APLD, les salariés restent néanmoins très inquiets face à la baisse de charge. D'ici le mois de mai, la moitié du personnel devrait être touché par le chômage partiel, sans compter les conséquences désastreuses de la baisse d'activité sur la sous-traitance. Une prise de commande rapide est donc, aujourd'hui, non seulement urgente, mais littéralement vitale.
A ce jour, les effectifs de STX France sont passés sous la barre des 2300 salariés, auxquels s'ajoutent les 400 personnels des filiales (STX Solutions, STX Cabins et STX Lorient). Ces effectifs devraient encore décroître avec un plan de départs volontaires proposé à 351 salariés. Enfin, côté sous-traitants, quelques 1500 personnes travaillent actuellement sur le site. Réalisant plus de 75% de la valeur des paquebots, les coréalisateurs ont un rôle essentiel dans la capacité de Saint-Nazaire à réaliser de tels navires.

Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France)