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STX France assurera le MCO du Monge jusqu’en 2021

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STX France assurera le MCO du Monge jusqu’en 2021

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Le contrat de maintien en condition opérationnelle du bâtiment d’essais et de mesure Monge a été attribué le 29 mars dernier à STX France par le Service de Soutien de la Flotte. Le marché, d’une durée de cinq ans et d’une valeur de 16.6 millions d’euros, est entré en vigueur le 1er avril. Alors que DCNS assurait l’entretien du BEM - le plus grand navire de la marine française après le porte-avions Charles de Gaulle - depuis sa mise en service en 1992, les chantiers nazairiens, qui l’ont construit, poursuivront ce soutien depuis la pointe Bretagne. « Les arrêts techniques auront lieu à Brest, comme spécifié par le marché », confirme la Marine nationale. Le contrat porte en particulier sur l’entretien de la coque et de la propulsion, la maintenance et la modernisation de tous les équipements sensibles, dont les outils de mesure, restant confiés aux prestataires habituels. Et pour la partie qui le concerne, STX France fera appel aux entreprises locales qui avaient l’habitude de travailler sur le Monge, dont le dernier passage en cale sèche, dans le bassin 9 de la base navale, date semble-t-il de 2015.

Remous chez les élus locaux

En somme, rien ne va réellement changer, si ce n’est le nom du titulaire du contrat. Pour autant, cette attribution à Saint-Nazaire n’a pas été sans provoquer des remous au sein de la classe politique locale. Certains élus se sont émus qu’en ne choisissant pas DCNS, l’Etat serait en train de rompre une sorte d’engagement implicite au travers duquel il devait, suite à la fin de la construction neuve à Brest, assurer de la charge au profit des anciens arsenaux dans le domaine de la maintenance. Une position qui fait grincer des dents à Paris, où l’on rappelle que, depuis 2005 et l’ouverture à la concurrence d’une partie du MCO de la flotte de surface française, l’attribution des contrats est soumise au code des marchés publics. En somme, il y a des appels d’offres et l’Etat n’a pas à privilégier ouvertement tel ou tel industriel.  

Une présence brestoise qui n’est pas nouvelle

Les critiques locales quant à un « intérêt soudain » de STX France pour le MCO à Brest sont d’autant plus étonnantes qu’il ne s’agit pas d’une nouveauté. Les chantiers nazairiens, qui n’ont fait aucun mystère de leur volonté de se développer sur ce segment de marché, ont déjà assuré localement des opérations de maintenance au profit de la Marine nationale. On se souvient en effet que le contrat de MCO des bâtiments de commandement et de ravitaillement avait été attribué à l’industriel ligérien en 2009. A l’époque, les BCR étaient tous basés à Toulon mais, suite au redéploiement de la Somme à Brest en 2011, STX France avait assuré le soutien technique de cette unité dans le Finistère. Une activité qui a cessé en 2014 lorsque le nouveau marché quinquennal de MCO des BCR a, cette fois, été remporté par le groupe CNN. STX France a néanmoins maintenu sa présence dans le secteur en remportant, en coopération avec DCNS, les contrats d’entretien des trois bâtiments de projection et de commandement ainsi que des six frégates de surveillance de la flotte française. Des unités que les deux entreprises ont conçues et réalisées ensemble.

DCNS relativise

A l’occasion de l’inauguration vendredi dernier du nouveau site du Froutven, à Guipavas, le patron DCNS, Hervé Guillou, a relativisé l’attribution à STX du MCO du Monge, parlant d’un « impact marginal » et rappelant que c’était « la loi du marché et de la concurrence ».  Cela étant, les remous locaux ont permis de mettre en lumière la question relative à la stratégie globale, industrielle comme économique, de la gestion du MCO de la flotte française. Alors que DCNS conserve l’exclusivité sur les principaux marchés de maintenance de la marine, ceux liés aux sous-marins et bâtiments de surface fortement armés, l’industriel, qui a fortement réduit ses coûts ces dernières années, doit économiquement raisonner plus largement et sur le long terme. Il doit en effet assurer la viabilité comme la pérennité des infrastructures, des compétences et des personnels qualifiés chargés, avec une flotte de premier rang qui se réduit et de nouveaux bâtiments dont les arrêts techniques sont plus espacés et moins longs. D’où l’importance de conserver des marchés de MCO sur lesquels il se retrouve en compétition avec d’autres acteurs. « Si DCNS ne gagne que les gros contrats et perd les petits, cela augmentera les frais fixes et donc les coûts de revient, au risque de déséquilibrer les tarifs que nous appliquons dans des domaines plus scientifiques et plus spécifiques », reconnait Hervé Guillou, qui demande donc, selon Le Télégramme, que l'État clarifie sa politique industrielle quant au MCO de la marine. 

 

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