Construction Navale
STX France : Christophe Mabit va prendre sa retraite

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STX France : Christophe Mabit va prendre sa retraite

Construction Navale

Directeur des ressources humaines et de la communication des chantiers de Saint-Nazaire depuis 2010, Christophe Mabit va prendre sa retraite. Le DRH et DIRCOM de STX France travaille actuellement en binôme avec son successeur, Serge Bourdon (ancien de l’industrie chimique et d’Air France), puis achèvera l’année comme chargé de mission avant de quitter officiellement l’entreprise au 1er janvier.

C’est en 1989 que Christophe Mabit a rejoint les anciens Chantiers de l’Atlantique, d’abord à un poste de développement RH, avant d’être chargé, l’année suivante, des ressources Humaines pour l'ensemble Production (Ateliers et Montages). En 1998, il est nommé responsable des relations sociales et de la législation du travail, poste qu’il occupe jusqu’en 2010 où, en plus de devenir DRH et DIRCOM, il devient président du comité d’entreprise et du comité de groupe de STX France SA.

Après 26 ans de carrière à Saint-Nazaire, Christophe Mabit est de la génération de ceux qui ont vu le dernier grand chantier civil français profondément évoluer. La fin de la construction des navires de commerce, le boom du marché de la croisière grâce auquel l’entreprise a survécu, la fin des aides à la construction navale en 2000, les périodes d’euphorie comme les époques de vache maigre, puis la récente résurrection avec une profonde modernisation de l’outil industriel, un carnet de commandes plein et une nouvelle page d’histoire qui s’ouvre grâce aux énergies marines.

De toutes ces années, Christophe Mabit retient « la capacité de l’entreprise, de ses managers et de la majorité des salariés à s’adapter aux contraintes de l’environnement », soulignant la difficile gestion de la cyclicité de l’activité : « 5 paquebots dans les cales et bassins en 2001, aucun de mai 2013 à mai 2014 avec fermeture totale des ateliers de l’automne 2012 au printemps 2013 ». Et puis il y a eu les changements d’actionnaires, deux fois en quelques années seulement. D’Alstom à Aker Yards en 2006 puis des Scandinaves aux Sud-coréens de STX dès 2008, les évolutions n’ont pas toujours été simples à gérer mais, souligne Christophe Mabit, « les équipes de direction françaises sont toujours restées fortement motivées pour assurer la continuité du développement de l’activité industrielle sur l’estuaire de la Loire ».

Un combat quotidien dans un monde en perpétuel mouvement, avec une concurrence de plus en plus rude et, parfois, de longues passes d’armes face aux responsables syndicaux, en particulier lors de la négociation des derniers accords d’entreprise destinés à renforcer la productivité et décrocher de nouvelles commandes. « Nous avons été confrontés à une forte pression de la concurrence sur les prix mais nous sommes parvenus à maintenir le chantier dans le dernier trio des acteurs de niveau mondial dans les navires à passagers grâce à la créativité et au niveau technique des concepteurs, à l’engagement de la majorité des salariés et d’un nombre suffisant de leurs représentants élus ».

Alors qu’il a vu, en 26 ans, plus de 60 paquebots, ferries, bâtiments militaires et autres navires scientifiques quitter Saint-Nazaire, Christophe Mabit, comme tous ceux qui travaillent ou ont travaillé aux chantiers, a eu de nombreux moments de fierté et d’émotion en voyant ces bateaux faire leur adieux à l’estuaire de la Loire. Quel navire, dans cette imposante série, fut le plus marquant ? C’est le Queen Mary 2, formidable challenge technique et humain mais projet endeuillé par le terrible accident du 15 novembre 2003, au cours duquel 16 personnes décédèrent et 29 autres furent blessés suite à l’effondrement de la passerelle d’accès au paquebot. De cette catastrophe qui a traumatisé tout le personnel et la région nazairienne, Christophe Mabit retiendra la capacité des hommes et femmes des chantiers « à se relever du drame moral vécu lors de l’accident, à regarder toujours vers l’avant sans oublier les victimes avec qui nous partageons chaque année un moment de recueillement ». 

Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France)