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STX France compte sortir au moins 19 navires d’ici 2026

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Avec la nouvelle commande de MSC Cruises (voir notre article détaillé), le plan de charge des chantiers nazairiens signe un nouveau record. Jamais, depuis des décennies, l’entreprise n’a connu une telle activité sur le long terme, sa visibilité s’étendant jusqu’en 2026.

Désormais, ce sont pas moins de 19 navires, au moins, que STX France compte livrer au cours des 8 prochaines années.  

Avec pour commencer les projets de MSC Cruises. L’ajout, comme nous le révélons aujourd'hui, d’un cinquième paquebot à la famille Meraviglia fait que Saint-Nazaire a encore quatre unités de ce type à produire après la tête de série, le MSC Meraviglia, mise en service en mai 2017. Un navire de 315.8 mètres de long pour 43 mètres de large, 167.600 GT de jauge et 2246 cabines dont le jumeau, le MSC Bellissima, sera livré en février 2019.

 

Le MSC Meraviglia, livré en mai 2017 (©  BERNARD BIGER - STX FRANCE)

 

Suivront trois unités agrandies, les « Meraviglia Plus », qui disposent en leur centre d’une section supplémentaire de 15 mètres. Cela portera leur longueur à 331 mètres et la jauge à 181.000 GT, pour un total de 2444 cabines. Premier du trio, le MSC Grandiosa, en cours d’assemblage, doit entrer en flotte dès octobre 2019, alors que son sistership, dont la construction va officiellement débuter aujourd’hui, sortira en 2020. Un navire supplémentaire, qui vient d’être commandé et aura la particularité de disposer d’une propulsion au gaz naturel liquéfié, suivra en 2023.

D’ici là, Saint-Nazaire aura sorti en 2022 le prototype d’une nouvelle génération de paquebots, eux-aussi destinés à MSC Cruises. Il s’agit de la classe World, des mastodontes d’environ 200.000 GT et 2750 cabines fonctionnant également au GNL. La commande des deux premiers vient d’être affermie. Le second navire de ce type doit entrer en flotte en 2024, les troisième et quatrième en 2025 et 2026.

 

Le Symphony of the Seas, livré en mars dernier (©  BERNARD BIGER - STX FRANCE)

 

Parallèlement, Saint-Nazaire va aussi avoir beaucoup de pain sur la planche avec son autre client principal, l’armateur américain RCCL. En 2016 et 2018, STX France a livré à sa filiale Royal Caribbean International deux géants de la classe Oasis, l’Harmony of the Seas et le Symphony of the Seas. Avec leurs 362 mètres de long, 57 mètres de large, 228.000 GT de jauge et jusqu’à 2759 cabines, ces navires hors normes sont les plus gros paquebots actuellement en service. Et la série va se poursuivre. D’ores et déjà, une nouvelle unité de ce type a été commandée pour une livraison en 2021. Mais l’armateur, comme nous le révélions en mars dernier, compte en plus faire construire deux Oasis supplémentaires, avec comme objectif des entrées en flotte en 2023 et 2026. On ne sait pas encore si ces paquebots seront plus gros que leurs aînés et équipés d’une propulsion au GNL, option qui avait été étudiée (mais finalement écartée) pour celui livrable en 2021.

 

Le Celebrity Edge en achèvement à flot (©  MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Dans le même temps, Saint-Nazaire conduit un ambitieux programme avec une autre filiale de RCCL, la compagnie Celebrity Cruises, qui travaille sur le segment haut de gamme de l’industrie de la croisière. Prototype d’une série de paquebots particulièrement innovant, le Celebrity Edge, en achèvement à flot, doit être livré en octobre prochain. Ce navire de 129.500 GT et 1467 cabines, long de 306 mètres pour une largeur de 39, sera suivi d’au moins trois sisterships. Déjà en construction, le Celebrity Beyond entrera en service début 2020. Les deux suivants sont prévus à l’automne 2021 et à l’automne 2022. Une cinquième unité pourrait ensuite compléter la série, probablement vers 2023/2024. 

 

Les navires de la classe Edge (©  CELEBRITY CRUISES)

 

En dehors de la croisière, STX France est également présent sur le segment militaire. Après avoir réalisé les deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) initialement commandés par la Russie puis revendus à l’Egypte en 2015, le chantier nazairien va réaliser les nouveaux bâtiments logistiques de la Marine nationale. Ce programme, connu sous le nom de FLOTLOG, doit faire l’objet d’une coopération avec l’Italie, l’objectif étant de développer les navires français sur la base du nouveau ravitailleur de la Marina militare, le Vulcano. Ce navire de 165 mètres de long pour 24 mètres de large et un déplacement de 23.500 tonnes en charge est en construction chez Fincantieri, qui doit le livrer en 2019. La version française, qui devrait être plus grosse, sera adaptée pour les opérations de la Marine nationale, avec en particulier des capacités répondant aux importants besoins en combustible du groupe aéronaval. La nouvelle loi de programmation militaire vise la construction de quatre FLOTLOG, avec une commande ferme de trois navires et une option pour un quatrième. Le premier devrait rallier la flotte française en 2023 et le second d'ici 2025. Le troisième entrera en service à partir de 2026, la LPM ne prévoyant que deux unités opérationnelles à la fin 2025. Quant au quatrième bâtiment logistique, sa livraison n’est aujourd’hui pas prévue avant le printemps 2029.  

 

Vue du futur ravitailleur italien, sur la base duquel doit être dévelopoé FLOTLOG (©  MARINA MILITARE)

 

Alors que d’autres projets pourraient aboutir sur le segment militaire, avec ou sans coopération entre STX France et Naval Group, les deux industriels vont également travailler sur les études du prochain porte-avions français. Il s'agit de déterminer les capacités et le gabarit du bâtiment, les clés technologiques portant sur le choix de la propulsion (nucléaire ou classique), le recours à des catapultes électromagnétiques et l’emport de drones de combat. La commande de ce porte-avions, destiné à remplacer le Charles de Gaulle et dont la marine souhaite un second exemplaire, n’interviendra pas avant 2026, sachant que pour le moment l’idée est de disposer de cette nouvelle plateforme vers 2036.

 

La sous-station électrique du champ éolien allemand Arkona (©  E.ON)

 

Dans le domaine des énergies marines, STX France, qui livre cette année deux sous-stations électriques de parcs éoliens offshore destinées pour l’une au champ belge Rentel (309 MW) et pour l’autre au champ allemand Arkona (385 MW), attend d’autres contrats. Le chantier, qui opère une belle diversification dans ce domaine, est en compétition sur plusieurs dossiers internationaux et est entré en négociations exclusives avec EDF pour trois projets de parcs au large des côtes françaises. Il s’agit de Guérande (480 MW), Courseulles-sur-Mer (450 MW) et Fécamp (498 MW). Les prochaines livraisons de sous-stations sont espérées en 2020.

En plus de tous ces projets, d’autres navires pourraient encore venir s’ajouter au carnet de commandes dans les années qui viennent, peut être en 2025 par exemple, où il semble y avoir encore de la place, notamment pour un prototype. Toutefois, l’outil industriel est pour l'essentiel saturé pour plusieurs années, même avec les augmentations de capacités en cours. Si d'autres unités devaient survenir, les coques seraient probablement en grande partie sous-traitées dans d’autres chantiers puis armées à Saint-Nazaire. 

Alors que le chiffre d'affaires de STX France a quasiment doublé depuis 2012, pour atteindre 1.5 milliard d'euros, sa croissance va se poursuivre pour tendre vers les 2 milliards, et sans doute au-delà si la tendance se poursuit. Idem côté emploi, les effectifs du chantier continuent logiquement de croître. Ils atteignent sont désormais de 2900 salariés. 200 recrutements, notamment d’ouvriers, de techniciens et d’ingénieurs, sont prévus en 2018, et un nombre équivalent d'embauches pour les années qui viennent. 

 

Les commandes et projets de Saint-Nazaire jusqu'en 2026 (©  MER ET MARINE - ELWIS CREATION)

 

STX FRANCE (Chantiers de Saint-Nazaire)