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STX France décroche une nouvelle commande pour l'éolien offshore

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Bonne nouvelle pour les chantiers de Saint-Nazaire, qui confirment leur développement dans les énergies marines avec la commande d’une seconde sous-station électrique. Cette fois, c’est le consortium Otary, chargé de développer le champ éolien offshore Rentel, en Belgique, qui a choisi STX France pour concevoir, réaliser et installer (contrat « clés en main » dit EPCI) le poste de transformation électrique de ce parc. Installé au large de Zeebrugge et représentant un investissement global de plus d’1.2 milliard d’euros, Rentel comprendra 42 éoliennes de 7 MW fournies par Siemens. Il développera une puissance totale de 309 MW, de quoi assurer la fourniture en électricité de 288.000 foyers. Ces éoliennes seront reliées à la sous-station électrique construite à Saint-Nazaire, qui transformera le courant produit par les machines pour augmenter sa tension et l'envoyer vers le réseau électrique terrestre.

 

Vue du topside de la future sous-station Q34 (© STX FRANCE)

 

Un topside de 1200 tonnes

Livrable au printemps 2018 par STX France, cet équipement de  « plusieurs dizaines de millions d’euros » (le chiffre n’est pas communiqué pour des raisons de concurrence), comprendra un topside de 1200 tonnes, dont la partie électrique sera fournie par GE Grid Solutions (ex-Alstom Grid). Les éléments métalliques de la sous-station seront assemblés par le grand portique sur l’aire de pré-montage bordant les formes de construction du chantier nazairien, puis la structure sera transférée par traines vers le terre-plein de l’usine Anemos afin d’être armée et testée. L’ensemble sera ensuite livré par barge, l’installation sur le champ Rentel ayant été confiée par STX France au groupe belge DEME.

Fondation mono-pile fabriquée à l’étranger

Le topside reposera sur une fondation mono-pile dont la réalisation sera assurée à l'étranger pour une pose en mer prévue à partir de cet été. Ce gigantesque pieux en acier de 7 mètres de diamètre et environ 70 mètres de hauteur pèsera 1600 tonnes. Le fait que Saint-Nazaire ne se charge pas de cette partie tient au fait que le constructeur français n’a pas d’expérience en la matière et n’est pas forcément dimensionné pour. Contrairement aux fondations de type jacket (treillis métalliques) dont il a déjà réalisé deux exemplaires, l’un pour le prototype de l’éolienne Haliade 150 d’Alstom et l’autre pour la première sous-station qu’il a réalisée, une structure de 200 MW livrée en 2014 à l’énergéticien danois Dong. « Il y a en Europe du nord des industriels qui livrent deux ou trois mono-piles de ce type par semaine, nous allons donc nous approvisionner chez eux. Mais le fait que nous vendions une sous-station sur une fondation comme celle-ci, plus adaptée et économique qu’un jacket pour un topside léger et un fond marin tel que l'on trouve en Belgique, démontre que nous savons nous adapter aux besoins des clients et aux conditions dans l’environnement d’exploitation », explique le directeur de la Business Unit Energies Marines de STX France.

 

Frédéric Grizaud (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Saint-Nazaire gagne la confiance du secteur

Frédéric Grizaud rappelle qu’au sein d’un parc éolien offshore, la sous-station « n’est pas n’importe quel élément, c’est l’élément clé du champ. Compte tenu des investissements que représentent de tels projets, ce nouveau contrat EPCI est donc une marque de confiance importante dans la capacité d’ingénierie et de management de projet de STX France. Ce contrat est aussi le résultat de nos investissements en matière de R&D, dans Anemos et dans les gains de productivité que nous avons accomplis ». En plus de son savoir-faire, des innovations technologiques issues du programme de R&D Watteole et des premières références du chantier français dans ce domaine, Anemos, toute nouvelle usine du chantier spécialement conçue pour les énergies marines, fut également un argument de poids en faveur de Saint-Nazaire, qui était en compétition, sur cet appel d’offres européen, avec 7 concurrents. « STX a soumis une offre compétitive et robuste. Compte tenu des compétences de ses équipes en ingénierie et gestion de projet, et de ses nouveaux ateliers dédiés, nous sommes convaincus du savoir-faire de STX et avons toute confiance dans la réussite du projet », confirme Nathalie Oosterlinck, directrice générale de Rentel. On notera au passage que le consortium portant le projet est constitué d’acteurs financiers et non, comme c’est habituellement le cas, d’industriels. Les négociations et le processus de qualification auront pris un an.

Deux sous-stations à réaliser simultanément

En termes de calendrier, le contrat, signé le 4 mars, est immédiatement entré en vigueur et une trentaine de personnes sont déjà sur le pont, notamment en ingénierie. Car le « Q34 », comme on l’appelle chez STX France, doit être livré dans 24 mois seulement. Et sa réalisation va intervenir en parallèle de celle du P34, dont la commande a été annoncée en juillet dernier, au moment de l’inauguration d’Anemos (l'autre projet évoqué alors a finalement été repoussé). La fabrication de cette sous-station, livrable début 2018 en mer du Nord, commencera en juin/juillet, alors que le début d’usinage pour le Q34 est prévu au quatrième trimestre. Les blocs des deux structures seront produits en même temps mais la seconde sous-station étant moins grande (280 MW contre 380 MW), sa phase d’armement sera plus courte.

 

La sous-station P34 (© STX FRANCE)

 

Les énergies marines mobiliseront 400 personnes l’an prochain

Le Q34 représente, ingénierie comprise, quelques 280.000 heures de travail, s’ajoutant aux 500.000 engendrés par le P34. Le pic de charge interviendra à l’été 2017. « Nous aurons alors, en production, quelques 300 personnes de STX France et des sous-traitants, auxquels s’ajouteront une centaine de collaborateurs dans les bureaux d’études. Avec 400 personnes, contre 150 aujourd’hui, cela fera de nous le plus gros centre dédié aux énergies marines en France ». Dans cette perspective, STX France va recruter plusieurs dizaines d’ouvriers, de techniciens et d’ingénieurs, dans des domaines très variés allant de la soudure à l’électricité, en passant par les automates et le contrôle à distance. « Les sous-stations sont des structures extrêmement complexes et il nous faut des personnels qualifiés avec des compétences spécifiques. 25 personnes travaillent déjà dans l’usine Anemos et nous en recruteront 25 à 30 supplémentaires en plus des embauches prévues pour la partie chantier, l’entreprise prévoyant globalement d’embaucher environ 150 personnes cette année ».

D’autres commandes attendues

D’autant que STX France, en compétition actuellement sur plusieurs appels d’offres, espère bien décrocher d’autres commandes de sous-stations. Et réfléchit déjà, dans cette perspective, à l’extension d’Anemos. Alors qu’il reste un slot disponible pour 2018, l’entreprise cherche déjà à garnir son plan de charge pour 2019. Tout dépend de la nature des contrats, soit du type EPCI ou, comme ce fut le cas avec Dong, avec des clients fournissant l’ingénierie, ce qui permet de réduire les délais. En plus des sous-stations, on rappellera que la BU Energies Marines de STX France se positionne aussi sur les jackets et les pièces de transition entre la fondation et le mât de l’éolienne.

 

Une partie de l'usine Anemos (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Les projets français arrivent enfin

Saint-Nazaire a en tous cas réussi son pari de percer dans les EMR. Et la réussite du chantier est d’autant plus remarquable qu’elle se concrétise d’abord à l’export, dans un contexte international très concurrentiel. L’émergence des premiers champs éoliens offshore au large des côtes française, qui devaient initialement servir de socle à cette nouvelle filière, a en effet pris beaucoup plus de temps que prévu. Mais ces projets, du moins ceux du premier appel d’offres (2012), devraient si tout va bien se traduire à partir de cette année par du concret. « La France démarre et les choses avancent. Nous sommes en compétition pour les champs de Guérande, Courseulles et Fécamp. Et nous espérons des concrétisations cette année. Pour le second appel d’offres, nous nous positionnons sur Noirmoutier et Le Tréport mais ce sont des projets plus lointains qui en sont encore à la phase de levée de risques », explique Frédréic Grizaud, qui retient qu’enfin, dans l’Hexagone, « la dynamique est enclenchée. La transition énergétique se traduit par de l’activité et de l’emploi. Nous sommes dans une phase de croissance et il faut assurer l’avenir et la pérennité de cette filière ».  

Poursuivre la diversification

Une filière qui permet à STX France de contribuer grandement à sa stratégie de diversification. Alors que le chantier nazairien a huit paquebots à livrer d’ici la fin 2020, voyant son chiffre d’affaires annuel remonter à 1 milliard d’euros, l’objectif est de générer avec les énergies marines 150 millions par an. Ce qui, s’ajoutant à d’autres activités, comme les services, permet d’atteindre environ 20% de l’activité en dehors de la croisière. « En plus des bonnes nouvelles que nous avons dans les paquebots, ce nouveau contrat de sous-station électrique confirme la volonté de diversification de l’entreprise, qui ne veut pas fonctionner en mono-produit mais s’appuyer sur un second pied et, pour cela, poursuit ses investissements et ses efforts commerciaux ». 

STX FRANCE (Chantiers de Saint-Nazaire)