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STX France : Deux commandes pour lancer la nouvelle usine dédiée aux EMR

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STX France : Deux commandes pour lancer la nouvelle usine dédiée aux EMR

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Hier, à l’occasion de l’inauguration d’Anemos, sa nouvelle usine dédiée aux énergies marines, STX France a annoncé avoir remporté deux commandes portant sur des sous-stations électriques de très forte capacité. En tout, 1 million d’heures de travail pour deux contrats dont la valeur cumulée approche les 200 millions d’euros et qui vont permettre de lancer le nouveau pôle industriel des chantiers nazairiens.  

 

La nouvelle usine Anemos (© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

La nouvelle usine Anemos (© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

 

Deux sous-stations livrables en 2017 et 2018

La première commande, ferme, porte sur une sous-station de 500 MW  dont l’installation en mer du Nord est prévue début 2018. La seconde, qui fait l’objet d’une lettre d’intention, vise à produire une sous-station de près de 500 MW livrable fin 2017. Un projet suffisamment avancé pour que STX France, qui s’attend à le voir transformer en commande ferme d’ici le mois d’octobre, décide de lancer immédiatement, sur fonds propres, la phase d’études. Là aussi, il s’agit d’une structure destinée à un champ en mer du Nord et, dans les deux cas, les clients n’ont pas souhaité, pour le moment, se faire connaitre.

 

Vue des futures sous-stations électriques (© STX FRANCE)

Vue des futures sous-stations électriques (© STX FRANCE)

 

On notera que ces deux projets reposent sur des contrats « clés en main » de type EPCI (Engineering Procurement Construction Installation), c'est-à-dire que le chantier est en charge de l’ensemble des étapes, de la conception à la mise en service, en passant par la réalisation, le transport et l’installation en mer.

Trois fois plus grosses que celle réalisée l’an dernier pour Dong

Par rapport à la sous-station électrique réalisée en 2014 par STX France pour l’énergéticien danois Dong, les nouveaux équipements que Saint-Nazaire vient de décrocher sont nettement plus gros et seront parmi les plus grosses sous-stations à courant alternatif développées pour l’éolien offshore. Ainsi, la sous-station livrable en 2018 sera trois fois plus volumineuse que la première structure produite à Saint-Nazaire. Hors fondation, elle mesurera environ 50 mètres de long pour 30 mètres de large et 20 mètres de haut, avec un poids de plus de 3000 tonnes. A comparer aux 31 x 18 x 16 mètres de celle de Dong, d’un poids de 1450 tonnes. Conçue pour le champ britannique Westermost Raught, d’une puissance de 218 MW (36 éoliennes de 6 MW), la première sous-station électrique produite à Saint-Nazaire est désormais en service, le parc ayant été inauguré le 1er juillet. « Ce premier contrat, qui s’est très bien déroulé, est une référence très importante car, si les clients sont convaincus de la capacité de STX France à réaliser l’ingénierie et le management de projets complexes, comme les paquebots, le contrat Dong nous a aidé à démontrer que nous savions aussi faire ce type de produit », souligne Frédéric Grizaud, directeur de la Business Unit Energies Marines de STX France.

 

Le jacket et le topside de la sous-station de Dong (© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

Le jacket et le topside de la sous-station de Dong (© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

 

« Un évènement majeur dans notre histoire »

Le chantier nazairien est donc en train de réussir son pari en matière de diversification. Une stratégie qui avait été initiée en 2008 par Jacques Hardelay, alors aux commandes de STX France, et qui a été poursuivie et amplifiée par son successeur, Laurent Castaing. « Nous avons décidé il y a quelques années de nous lancer sur le marché des EMR, une diversification pour laquelle une Business Unit dédiée a été créée. Et aujourd’hui, je crois que nous sommes en train de vivre un évènement majeur dans notre histoire », a déclaré hier, lors de l’inauguration d’Anemos, le directeur général de STX France. Un patron qui a pris le risque, l’an dernier, d’acter la construction d’un outil industriel dédié à cette activité. Cela, sans avoir la moindre commande en poche. Le pari n’avait rien d’évident, surtout dans un marché des EMR où l’Europe du nord avait pris une sérieuse avance par rapport à la France. Fort d’une première expérience avec Dong et des résultats très prometteurs des travaux de R&D menés dans le domaine, Laurent Castaing est parvenu à convaincre les actionnaires du chantier (le sud-coréen STX et l’Etat) de l’autoriser à investir dans ce projet, qui a également reçu le soutien de la Région Pays de la Loire et de la Communauté d’agglomération de Saint-Nazaire. En tout, 20 millions d’euros ont été mis sur la table, le capital d’Anemos étant détenu à 51% par STX France, à 45% par l’Agence régionale et à 4% par la collectivité nazairienne via la SONADEV (société d’économie mixte).

 

Inauguration d'Anemos (© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

Inauguration d'Anemos (© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

Inauguration d'Anemos (© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

Inauguration d'Anemos (© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

 

Une usine ultramoderne pour réduire les coûts

La construction d’Anemos, qui a débuté en octobre dernier, a été menée tambour battant, les travaux étant confiés à SNC Lavallin. L’usine comprend un bâtiment d’assemblage de 90 mètres de long, 35 mètres de large et 16 mètres de haut. Equipée de deux ponts roulants d’une capacité de levage de 60 tonnes, cette unité est complétée par une aire de pré-montage de 6000 m² et une alvéole de peinture de 50 mètres de long, 35 mètres de large et 25 mètres de haut. « Une usine du futur » comme l’appelle Laurent Castaing, qui depuis le début de ce projet met en avant son caractère ultramoderne, axé sur des moyens et des méthodes de production de pointe alliant numérique, automatisation et standardisation. Des ateliers optimisés qui ont bénéficié des recherches menées par STX France au sein de l’Institut de Recherche Technologique (IRT) Jules Verne. « Tout y est mis en œuvre pour contribuer à l’efficacité économique nécessaire à une transition énergétique compétitive », souligne Frédéric Grizaud. Pour autant, le patron de la BU Energies marines de STX France l’assure : « Ce ne sera pas une usine de machines ou de robots. Ce seront des femmes et des hommes qui l’animeront. La mécanisation et l’automatisation sont là pour prendre en charge les tâches répétitives et pénibles de la fabrication ».

 

L'atelier de peinture (© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

L'atelier de peinture (© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

L'intérieur du bâtiment d'assemblage (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'intérieur du bâtiment d'assemblage (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Les travaux de R&D portent leurs fruits

Les progrès accomplis pour optimiser l’outil de production sont essentiels car l’un des grands défis des énergies propres, et plus particulièrement des technologies marines, réside dans leur coût. Celui-ci demeure élevé et, afin d’accélérer le développement des parcs marins et leur part dans le mix énergétique, il est impératif d’obtenir des prix de fabrication, d’exploitation et de maintenance moins élevés. Cela, pour rendre la transition énergétique économiquement plus supportable pour les pays qui font ce choix et, derrière eux, les consommateurs qui en bénéficient mais payent aussi la facture. Au niveau des chantiers, cet effort passe par l’industrialisation mais aussi via le développement de structures optimisées et moins coûteuses. C’est là qu’interviennent les programmes de R&D menés ces dernières années grâce au soutien de la région Pays de la Loire. Ces recherches collaboratives, dirigées par STX France avec le réseau d’entreprises Neopolia, se sont concentrées sur des fondations (programme Fondéole), les sous-stations électriques (Wattéole) et les navires de pose d’éoliennes (Poséole), pour lesquels des designs innovants ont été développés (aucun dossier chaud à ce sujet pour le moment).

 

Travaux sur le jacket AG4 (© STX FRANCE)

Travaux sur le jacket AG4 (© STX FRANCE)

 

De ces travaux sont déjà sortis le concept AG4, portant sur une fondation de type jacket très compétitive (les fondations représentent 40% du coût des champs éoliens) et certifiée par le DNV en décembre 2012. La R&D a également permis de réaliser un certain nombre d’avancées techniques et économiques, comme des procédés de fabrication permettant d'atteindre une résistance de 20 ans en milieu marin, ou encore une automatisation du soudage afin de baisser le coût du kWh en réduisant les coûts de production.

Des produits 10 à 20% moins chers

Les sous-stations électriques qui viennent d’être vendues (ou sont en passe de l’être) par STX France bénéficient de ces recherches en ingénierie. « Wattéole a porté sur la conception d’une sous-station de nouvelle génération. Nous avons abouti à un concept et un design sur la base desquels nous nous adaptons aux besoins et demandes spécifiques des clients. Et cela marche puisque nous avons convaincu deux clients », souligne Laurent Castaing, qui ne souhaite pas entrer dans les détails de conception tant, dit-il, le marché est concurrentiel. Le directeur général des chantiers nazairiens fait toutefois un constat : « Jusqu’ici, l’industrie de l’éolien posé est très influencée par l’Oil&Gas dans ses concepts, ses process de fabrication et son fonctionnement. Ici, nous sommes plutôt influencés par les concepts de la construction navale, qui sont beaucoup moins chers. Nos exigences ne se situent pas aux mêmes niveaux, ce que nous privilégions étant la fiabilité et la disponibilité. Et nous réussissons à présenter des offres de 10 à 20% moins chères ».  

Des ateliers pour produire des sous-stations et jackets

L’usine Anemos a donc été conçue pour réaliser des sous-stations électriques. Au sein d’un parc, ces énormes transformateurs collectent l’énergie produite par les éoliennes marines et la transfèrent après modification du voltage via un unique câble de puissance relié à la côte. De là, un autre transformateur, terrestre cette fois, retransforme l’électricité en fonction des caractéristiques du réseau de distribution, qui peut fonctionner selon les endroits en basse, moyenne ou haute tension. La nécessité d’élever le voltage à bord de la sous-station répond à une règle physique : plus l’intensité est forte, moins la résistance, et donc la déperdition en courant, est importante. Les sous-stations sont donc des éléments clés des parcs éoliens en mer, sachant que les opérateurs peuvent, selon les projets, choisir de recourir à un ou plusieurs équipements de ce type. En charge du développement des futurs sites de Guérande, Courseulles-sur-Mer et Fécamp, EDF EN travaille par exemple sur des scenarios comprenant une à trois sous-stations par parc.

 

Jacket de la sous-station de Dong (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Jacket de la sous-station de Dong (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

En dehors de ces équipements, Anemos produira également des jackets, fondations en forme de treillis métalliques supportant les éoliennes ou sous-stations.  STX France a réalisé la première structure de ce type en 2011, dans le cadre du premier prototype de l’Haliade 150, l’éolienne de forte puissance développée par Alstom et que le groupe français produit à quelques kilomètres de là dans ses nouvelles usines de Montoir. Un second jacket a vu le jour l’an dernier avec le contrat Dong et deux autres seront réalisés pour les nouveaux projets de sous-stations. Là aussi, ces structures bénéficient des travaux de R&D menés via Fondéole.

Pièces de transition et Oil&Gas

L’atelier de peinture de la nouvelle usine de STX France pourra, par ailleurs, traiter les pièces de transition que le chantier souhaite produire. Ces éléments cruciaux des éoliennes, conçus pour résister à des contraintes énormes, font la jonction entre le mât et la fondation.

Les chantiers nazairiens comptent, en outre, profiter de leur nouvel outil industriel pour développer l’activité dans le secteur offshore pétrolier et gazier (Oil & Gas). A ce titre, STX France a livré en 2014 un module destiné à l’unité flottante de production et de stockage (FPSO) Girassol, exploitée par Total au large de l’Angola.

 

Le module pour Girassol réalisé l'an dernier (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le module pour Girassol réalisé l'an dernier (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

200 personnes mobilisées et des recrutements en vue

A pleine charge, l’usine emploiera 200 personnels de STX France et de ses sous-traitants. Les équipes seront complètes d’ici l’an prochain, la production devant débuter en 2016 à l’issue des phases de conception. Le chantier va recourir à sa propre force de travail, qui a acquis un précieux savoir-faire avec les précédents contrats. Sur la base d’un appel au volontariat, plusieurs dizaines de salariés, soudeurs et charpentiers métaux notamment, rejoindront Anemos. S’y ajouteront de nouvelles recrues, un plan d’embauches ayant été lancé, appuyé par des contrats de professionnalisation.

 

(© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

(© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

 

Entrainer les coréalisateurs

Et on trouvera donc, à leurs côtés, des sous-traitants, notamment dans les domaines de l’électricité et de l’isolation. Alors que certains coréalisateurs, comme Snef, Axima, Gestal ou encore Prezioso, participent déjà aux contrats de STX France dans les énergies marines, une vingtaine de grosses entreprises travaillent globalement dans le sillage des chantiers nazairiens. Leur implication dans cette phase de diversification majeure est, pour STX France, fondamentale. C’est pourquoi, lors de son discours prononcé pour l’inauguration d’Anemos, Frédéric Grizaud s’est adressé aux coréalisateurs présents et les a appelés à s’engager aux côtés du chantier : « C’est maintenant qu’il faut prendre le train de la diversification à nos côtés. Neopolia vous y aide, nous vous y aidons, mais nous avons besoin de motivation et d’implication de votre part. Ne vous cantonnez pas aux seuls navires, marchez avec nous sur plusieurs chemins. Maintenant que nous avons des commandes, il y a des marchés à prendre, dans des conditions de compétitivité européenne. Nous vous y avons préparés, il est temps maintenant de vous engager de façon proactive ».

20% du chiffre d’affaires du chantier à l’horizon 2020

Il faut dire que STX France mise beaucoup sur cette nouvelle activité et Laurent Castaing maintient son objectif de voir la voir représenter 20% du chiffre d’affaires de l’entreprise à l’horizon 2020. Alors que le CA de STX France, qui était jusqu’ici de 600 à 700 millions d’euros par an, va de nouveau atteindre le milliard d’euros à partir de 2017, les énergies marines devront donc générer autour de 200 millions d’euros chaque année. Sachant qu’une sous-station électrique coûte entre 75 et 100 millions d’euros selon la taille, il faudra compléter avec d’autres contrats, comme les jackets et pièces de transition, ainsi que l’Oil&Gas. Ou augmenter les capacités de production d’Anemos, dimensionnée pour produire jusqu’à deux sous-stations de 500 MW ou une vingtaine de jackets par an. « Nous avons déjà travaillé sur une possible extension du site et nous avons aussi en projet de créer une seconde unité », précise Laurent Castaing.

 

Le futur polder à Brest (© REGION BRETAGNE)

Le futur polder à Brest (© REGION BRETAGNE)

 

Une seconde usine en projet à Brest

Cette seconde unité serait implantée à Brest, où une vaste zone dédiée aux EMR va être aménagée sur le fameux polder, près du port de commerce. « Une grosse commande suffirait pour que nous nous lancions. Dès que nous aurons ce contrat, nous pourrons construire une usine à Brest », confirme le directeur général de STX France. Ce gros contrat pourrait être celui des jackets destinés au parc de Saint-Brieuc, qui doit être équipé de machines AD 8-180 de 8 MW développées par Adwen, société commune de Gamesa et Areva. Un accord de type « memorandum of understanding » a déjà été conclu entre STX France et le consortium (Iberdrola et Eole RES) chargé de développer le champ costarmoricain. Mais il ne s’agit pour l’heure que d’un MOU, pas d’une commande. On rappellera de plus que la configuration du futur parc a évolué, passant de 100 machines de 5 MW à 62 de 8 MW. Cela fait donc moins de jacket à produire, même si les structures seront plus imposantes. Une telle commande peut, néanmoins, amorcer la pompe, en attendant d’autres contrats. « Nous nous positionnons en France sur Saint-Brieuc et sur le projet Noirmoutier-Yeu, qui sera également en jackets, avec dans l’idée de faire des coproductions entre Saint-Nazaire et Brest. Mais nous regardons aussi à l’export, où il y a des besoins pour ce type de fondations », rappelle Laurent Castaing. Ce dernier n’exclut pas, en outre, de confier à Brest la réalisation de sous-stations électriques si Anemos est saturé. Et cela pourrait venir vite. « Il y a de très nombreux projets actuellement et 5 ou 6 de sous-stations sont commandées tous les trois mois. C’est donc maintenant qu’il faut y aller et décrocher des contrats ».

 

(© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

(© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

 

Cap sur l’export en attendant la France

Ironie de l’histoire, la nouvelle filière industrielle française liée à l’éolien offshore devait être lancée avec les projets de parcs nationaux. Sauf que les délais administratifs sont d’une effroyable longueur et, plus de cinq ans après la décision de l’Etat de soutenir ce marché, aucune machine n’a encore été installée large des côtes tricolores. Et ce ne sera pas le cas avant 2017. Heureusement, les industriels, qui déplorent cette lenteur et appelle l’Etat a mieux cadrer les procédures de recours, n’ont finalement pas attendu le marché national pour se lancer. « Chaque année maintenant, plusieurs champs se développent en Europe et chaque parc représente un investissement de plusieurs milliards d’euros. La France avance très lentement et c’est dommage car il y a toute une filière en jeu. C’est pour cela que nous ne pouvions plus attendre que les choses se débloquent ici et avons décidé d’aller voir ailleurs pour conquérir nos premiers marchés à l’international », commente Laurent Castaing. STX France, comme Alstom avec ses usines de Montoir, dont les premiers clients seront finalement Américains et Allemands, a donc pris des risques. Objectif : se faire rapidement une place dans un secteur très concurrentiel mais qui est actuellement en plein essor et oblige les Français, s’ils veulent rester dans la course, à investir immédiatement. Les commandes nationales, espérées à partir de la fin de l’année, viendront donc soutenir ce développement et consolider le plan de charge à l’export.

 

Nacelle avec turbine Haliade 150 (© ALSTOM)

Nacelle avec turbine Haliade 150 (© ALSTOM)

 

Premier pôle industriel français pour les EMR

Avec l’ouverture d’Anemos et la prise de nouvelles commandes, qui s’ajoutent notamment à la mise en service des nouvelles usines d’Alstom, la région nazairienne est devenue le premier pôle industriel hexagonal pour les énergies marines. « Saint-Nazaire est aujourd’hui la capitale française des EMR et nous avons l’ambition de devenir l’un des grands leaders mondiaux du secteur. Cette nouvelle filière qui voit le jour est le symbole d’une région qui gagne, va de l’avant et crée des emplois. L’avenir du chantier, c’est à la fois les paquebots et d’autres navires à passagers, mais aussi les énergies marines, qui vont permettre de créer des centaines d’emplois sans que cette diversification se fasse au détriment de la construction navale. Tout l’écosystème local est concerné et les PME doivent s’engager dans le sillage du chantier dans une stratégie de co-développement qui profitera à tous », affirme Christophe Clergeau, premier vice-président de la région Pays de la Loire. Un enthousiasme politique que partagent clairement les industriels. Laurent Castaing est ainsi persuadé que l’économie régionale et le bassin d’emploi peuvent bénéficier à plein et sur le long terme de l’émergence de cette nouvelle filière. Il n’a d’ailleurs pas hésité, lors de l’inauguration d’Anemos, à évoquer une autre diversification majeure lancée par les chantiers nazairiens il y a près d’un siècle : « Dans les années 20, l’entreprise avait créé, pour se diversifier, un atelier pour produire des hydravions. Ce fut le commencement d’une aventure qui se poursuit aujourd’hui avec Airbus et Aerolia. J’espère que nous aurons le même succès dans les énergies marines que ce que les chantiers ont connu il y a près de 100 ans en lançant les bases de la filière aéronautique ». 

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