Construction Navale
STX France : Entre manifestations et hostilité aux plans de la direction

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STX France : Entre manifestations et hostilité aux plans de la direction

Construction Navale

Alors que la charge de travail va fondre comme neige au soleil dans les prochains mois, le Comité d'Entreprise des chantiers de Saint-Nazaire était réuni hier matin. Il s'agissait de la dernière procédure d'information/consultation des représentants du personnel sur le plan d'adaptation des effectifs et le plan de départs volontaires présentés par la direction de STX France au mois de novembre. Le PDV prévoit, notamment, le départ de 351 personnels, sur un effectif total de 2400 salariés. Ce plan découle du PAE, selon lequel le chantier doit se réorganiser pour réaliser en moyenne 1.5 navires par an, contre 2.5 aujourd'hui. Qu'il s'agisse du PDV ou du PAE, le CE a donné un avis défavorable, ce qui n'empêche pas leur mise en oeuvre. « L'une des principales inquiétudes que nous avons vis-à-vis de ce plan de réduction des effectifs est qu'il risque d'entrainer l'entreprise sous le seuil critique à partir duquel elle ne serait plus en capacité de répondre à des projets de commande de gros navires ou de plusieurs navires en même temps », explique Force Ouvrière, avis partagé dans d'autres syndicats. La CFE-CGC, qui a travaillé en intersyndicale avec la CFTC et FO, ont par ailleurs obtenu l'ouverture de négociation sont parvenues à améliorer les conditions de départs volontaires. Pour l'heure, une centaine de salariés seraient allés se renseigner à l'espace consacré au PDV et animé par un cabinet spécialisé (BPI).

Des centaines de personnes manifestent pour la défense des chantiers

Alors que se tenait la réunion du CE, deux manifestations étaient organisées à Saint-Nazaire pour défendre l'avenir de la navale : L'une devant les chantiers, à l'appel de la CGT, et l'autre dans le centre-ville, à l'initiative de la CFDT. Malgré cet appel à la mobilisation en ordre dispersé, entre 600 et 700 personnes auraient participé à ces rassemblements. La CGT, qui dénonce les réductions d'effectifs, s'alarme de l'augmentation du chômage partiel dans l'entreprise et des retombées catastrophiques de la sous-charge chez les sous-traitants. Pour la CFDT, qui a rencontré un représentant du préfet, l'Etat (actionnaire à 33.34% de STX France) doit agir sans tarder. « On nous dit que l'Etat n'est pas insensible à l'état de la navale. Maintenant il faut passer aux actes. En 2003, Nicolas Sarkozy a su bousculer les banques pour sauver Alstom et, depuis, personne n'a dit qu'il avait mal fait. Aujourd'hui, il nous faut un soutien, quitte à avoir un blâme de Bruxelles dans trois ans. Ce sera toujours mieux que de se dire qu'on aurait dû sauver la navale. Cette aide est d'autant plus justifiée que nos concurrents asiatiques sont ultra-aidés. Il ne servira à rien de le dire quand nous serons morts », explique-t-on à la CFDT, où l'on souhaite notamment un appui gouvernemental sur les questions de financement des projets.
Pour mémoire, en plus des 2400 salariés de STX France, environ 2000 sous-traitants travaillent aujourd'hui sur les deux derniers paquebots en commande. Le premier, le MSC Magnifica (T32), sera livré fin février. Quant au second, le Norwegian Epic (C33), il quittera Saint-Nazaire mi-juin.

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