Construction Navale
STX France : L'Etat en discussion avec un consortium d'acheteurs

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STX France : L'Etat en discussion avec un consortium d'acheteurs

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Trois mois après son placement sous administration judiciaire, le groupe sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding, actionnaire majoritaire des chantiers navals de Saint-Nazaire, dont il détient 66.66%, doit présenter vendredi 9 septembre un plan de sauvetage au tribunal de Séoul, chargé de statuer sur son sort. A la lumière du plan proposé par l’administrateur nommé par cette juridiction, les juges évalueront si un redressement est possible ou, au contraire, si la société doit être liquidée.

Mais déjà, l’administrateur, avec l’accord du tribunal, a pris cet été les dispositions nécessaires pour relancer le processus de cession des chantiers nazairien, qui avait été initié en 2014 par STX O&S. Acculé par les dettes, le groupe, qui venait de tomber sous le contrôle de ses créanciers (essentiellement des banques coréennes) avait alors entrepris de céder des actifs pour renflouer ses caisses. Malgré plusieurs marques d’intérêt pour STX France, dont celle de son concurrent italien Fincantieri, les discussions n’avaient cependant pas abouti et le projet de vente mis en sommeil.

Il est donc, désormais, prêt à être relancé, mais dépend bien sûr des décisions de justice à venir. « L’échéance du 9 septembre marque une étape importante mais non décisive dans le processus engagé en Corée du Sud. En tout état de cause, cette échéance du 9 marque une étape formelle, mais certainement pas celle du choix d’un repreneur », a expliqué à la rédaction de Mer et Marine une source proche du dossier au ministère de l’Economie et des Finances.

Alors que l’inquiétude est grande chez les élus locaux et les syndicats de STX France, c’est Michel Sapin qui a pris en main cet épineux dossier après la démission d’Emmanuel Macron. La situation des chantiers nazairiens « retient toute l’attention du ministre », explique-t-on dans son entourage, et les services de Bercy continuent de travailler pour trouver une solution dans le cas de plus en plus probable d’une cession des parts de STX dans l’entreprise française, dont l’Etat est le second actionnaire avec 33.34% du capital.

« Le gouvernement mène des discussions approfondies »

Or, si depuis deux ans, les repreneurs potentiels ne se sont pas bousculés au portillon, les choses semblent évoluer : « Le gouvernement mène des discussions approfondies avec un consortium d’acheteurs intéressés, dont un industriel du secteur ; ces discussions sont donc menées de manière proactive et en anticipation du processus de cession en Corée », révèle-t-on à, Bercy, où l’on précise toutefois que « les conditions d’un accord entre l’État et ce consortium ne sont à ce stade pas remplies, et il est donc trop tôt pour que l’État exprime sa préférence : cela nuirait aux discussions en cours et desservirait les chantiers ».

Damen ? DCNS ? Fincantieri ? des industriels hors navale ? des coréalisateurs ? des banques ? des collectivités locales ? des intérêts extra-européens ?... Bercy ne veut pas, pour le moment, dévoiler l’identité des porteurs du projet mais indique qu’en dehors de ce consortium, d’autres « acteurs crédibles » ont manifesté leur intérêt pour STX France et qu’ « il existe un autre candidat à la reprise ».   

Les mois à venir devraient donc être cruciaux et, avec un carnet de commandes plein pour 10 ans, les chantiers nazairiens pourraient susciter des convoitises, même si cette activité est traditionnellement peu rentable, ce qui explique le faible nombre de prétendants.

Face aux craintes de voir apparaitre des candidats « indésirables », par exemple des chantiers asiatiques souhaitant se livrer à un pillage technologique, on rappelle à Bercy que  « le gouvernement français dispose de droits spécifiques sur STX France, d’une part au titre du pacte d’actionnaires actuel, d’autre part au titre de la réglementation s’appliquant aux investissements étrangers en France dans les secteurs stratégiques, ce qui est le cas de STX France, chantier aux capacités militaires ».

Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France)