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STX France livre le paquebot MSC Preziosa

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C’est le 14 mars, au cours d’une très belle fin de journée, que le paquebot MSC Preziosa a fait ses adieux à Saint-Nazaire. Quelques heures après sa livraison par STX France à la compagnie italo-suisse MSC Croisières, le superbe navire a appareillé du bassin C pour quitter l’estuaire de la Loire. Avec à bord ses premiers passagers pour une traversée pré-inaugurale d’une semaine vers Marseille, où le navire arrivera jeudi. Comme d’habitude, de nombreux curieux s’étaient massés sur les quais et sur la côte pour observer le départ du paquebot.

 

 

Le MSC Preziosa quittant Saint-Nazaire le 14 mars (© BERNARD BIGER - STX FRANCE)

 

Le MSC Preziosa quittant Saint-Nazaire le 14 mars (© BERNARD BIGER - STX FRANCE)

 

Les Nazairiens assistant au départ (© KEVIN IZORCE)

 

Le MSC Preziosa défilant devant la côte (© KEVIN IZORCE)

 

Les Nazairiens assistant au départ (© KEVIN IZORCE)

 

Le MSC Preziosa quittant l'estuaire (© KEVIN IZORCE)

 

 

Dernier départ de géant avant trois bonnes années 

 

 

Long de 333 mètres pour une largeur de 38 mètres et une jauge de 140.000 GT, le MSC Preziosa, doté de 1751 cabines, est le quatrième navire de la classe Fantasia. C’était aussi le dernier grand paquebot en construction à Saint-Nazaire, où il ne reste plus qu’un petit navire de croisière de luxe, l’Europa 2 de la compagnie allemande Hapag-Lloyd, dont la livraison est prévue fin avril. Alors que MSC a pris livraison depuis 2003 de 10 paquebots commandés au chantier nazairien, chez STX France, on espérait poursuivre dans la foulée des Fantasia avec une nouvelle série. Mais le lancement du projet Vista (portant sur des navires de 2000 cabines), prévu initialement en 2012, a été reporté, l’armateur estimant que le contexte économique imposait la prudence.

 

 

MSC souhaite poursuivre sa relation avec Saint-Nazaire

 

 

Le 14 mars, lors de la cérémonie de changement de pavillon, Gianluigi Aponte, président du groupe Mediterranean Shipping Company (maison-mère de MSC Croisières et numéro 2 mondial du transport maritime conteneurisé), a redit son attachement à Saint-Nazaire et sa satisfaction quant à la qualité des navires livrés. Il a, également, offert un nouvel espoir au chantier, en formulant le vœu que la relation historique liant la compagnie au chantier perdure et que les futurs paquebots de MSC soient réalisés en France. Et le directeur général de STX France, Laurent Castaing, d’expliquer que les bureaux d’études travaillaient déjà sur de nouvelles innovations à même de séduire l’armateur italo-suisse. Quant au volet financier, indispensable pour de tels projets, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, présent à Saint-Nazaire, a manifesté le volontarisme du gouvernement pour renforcer la compétitivité de l’offre de STX en favorisant les mécanismes financiers attractifs. Une volonté qui s’est déjà illustrée, en décembre dernier, avec la commande par l’armateur américain Royal Caribbean d’un paquebot géant du type Oasis of the Seas (227.000 GT, 2700 cabines), le A34, décroché notamment grâce à l’intervention de l’Etat auprès des banques.

 

 

Le MSC Preziosa quittant Saint-Nazaire le 14 mars (© BERNARD BIGER - STX FRANCE)

 

 

Un cap difficile à passer

 

 

En attendant de prochaines bonnes nouvelles, et STX France espère en annoncer cette année dans le domaine des navires à passagers et celui de l’offshore, la situation demeure délicate pour le chantier et ses sous-traitants. Alors que 400 personnes travaillaient encore sur le MSC Preziosa (X32) avant sa livraison, ils sont un millier sur l’Europa 2 (H33), qui partira dans un peu plus d’un mois. Déjà, la baisse de charge est très importante par rapport au niveau d’activité de premier semestre 2012, les mesures de chômage partiel étant actuellement de l’ordre de 30.000 heures par mois pour les salariés de STX France. Après le départ de l’Europa 2, une partie des équipes va être redéployée sur les deux bâtiments de projection et de commandement (M33 et N33) qui doivent être livrés à la marine russe en 2014 et 2015. Des sous-traitants sont également impliqués dans ce programme, par exemple au niveau des emménagements. Mais les BPC russes sont loin d’apporter une charge de travail équivalente à un gros paquebot.

 

 

Dans l’attente de nouvelles commandes et des projets de R&D

 

 

Alors que les ateliers travaillent en ce moment sur la poutre du nouveau portique qui va équiper la forme de construction, ainsi que sur les parties métalliques d’une sous-station électrique (P33) destinée à un champ éolien offshore, il faudra attendre le début de la phase d’armement du A34, prévue à l’été 2014 (la découpe de la première tôle devrait intervenir après l'été 2013 pour une livraison en 2016), pour retrouver une charge conséquente. D’ici là, le chantier espère bien décrocher diverses commandes, y compris des projets (par exemple dans le fluvial) destinés en priorité à assurer la survie de son réseau de sous-traitants. Et il travaille aussi sur l’avenir, avec des programmes de R&D et des solutions innovantes afin de réaliser des navires plus sûrs, plus économes et plus respectueux de l’environnement. Un axe de compétitivité fondamental dans lequel STX France bénéficie du soutien de la région des Pays de la Loire et va recevoir des financements étatiques dans le cadre du grand emprunt et du programme Navire du Futur.

 

 

Le MSC Preziosa quittant Saint-Nazaire le 14 mars (© BERNARD BIGER - STX FRANCE)

STX FRANCE (Chantiers de Saint-Nazaire) MSC Cruises