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STX France teste un concept de paquebots à voiles

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Tester le marché de la croisière pour voir si des opportunités existent sur le segment des paquebots à voiles. C’était l’objectif de STX France la semaine dernière, lors du Seatrade de Miami, avec Silenseas. Initialement, cette famille de voiliers de croisière imaginée par les ingénieurs nazairiens ne devait pas être publiquement dévoilée mais simplement présentée discrètement à certains armateurs. Toutefois, la vue d’une maquette et d'une vidéo sur le stand de STX France a créé un certain « buzz », entrainant une publicité assez large pour ce qui n’est encore qu’un concept.

 

Plusieurs déclinaisons de Silenseas (©  STX FRANCE)

Plusieurs déclinaisons de Silenseas (©  STX FRANCE)

 

Ce dernier peut néanmoins s'inscrire potentiellement dans la volonté de certains opérateurs de proposer des navires radicalement plus vertueux sur le plan environnemental. Il présente en outre une innovation intéressante, baptisée « Solidsail » et brevetée par STX France. Elle consiste en un nouveau type de voiles permettant, selon le chantier, de proposer de grandes surfaces de voilure (jusqu’à 1200 m2) en toute sécurité et des performances élevées, soit une vitesse de 12 nœuds pour 15 nœuds de vent. « En couplant l’usage des voiles aux dernières technologies de propulsion et production d’énergie (LNG, batteries, automatisation), Silenseas réduit sur des parcours Caraïbes de 60% la consommation d’énergie de propulsion », affirme STX France, qui présente ses paquebots à voiles comme un must en matière de navires propres. 

 

 

La plus grande version dévoilée mesure 190 mètres de long et compte 150 cabines. Ce trois-mâts, qui affiche un tirant d’air pouvant aller jusqu’à 103 mètres, compte trois systèmes de voiles de 1450 m² chacun, pour une vitesse pouvant atteindre 17 nœuds sans avoir recours aux moteurs.

L’idée est excellente, le design très réussi et l’accueil réservé à Silenseas a été manifestement excellent. Toutefois, si le marché des navires de luxe et d’expédition est en plein boom, le segment des voiliers reste pour le moment extrêmement étroit. L’un des principaux problèmes de ce type de navires est que les grands mâts réduisent les possibilités l’accès à de nombreux ports et zones où l'on trouve des ponts et autres obstacles, comme des lignes électriques. Or, par définition, les armateurs n'aiment pas voir les capacités opérationnels de leurs bateaux contraintes. 

 

 

C’est l’une des raisons pour lesquelles les voiliers de croisière sont très peu nombreux et qu’aucune unité neuve n’a été mise en service depuis près de 30 ans, si l’on excepte les bateaux traditionnels de Star Clippers. En dehors de ces répliques d'anciens navires, les paquebots à voiles se comptent sur les doigts d’une main et ont tous été construits en France. Il s’agit des quatre-mâts Windstar et Windspirit (110 mètres, 148 passagers), ainsi que du cinq-mâts Windsurf (188 mètres, 312 passagers) de la compagnie Windstar Cruises, sortis des chantiers du Havre entre 1988 et 1990. Le troisième est l’ex-Club Med 1, dont le sistership navigue toujours sous le nom de Club Med 2. S’y ajoute le trois-mâts Ponant (88 mètres, 64 passagers), livré en 1991 par les chantiers SFCN de Villeneuve-la-Garenne. L’ex-Compagnie du Ponant avait d’ailleurs un projet de nouveau voilier, un quatre-mâts dont la construction a finalement été reportée à plus tard.

 

Projet de voilier de Ponant (© PONANT)

Projet de voilier de Ponant (© PONANT)

 

Avec Silenseas, STX France se positionne donc sur marché réduit, mais qui peut présenter quelques perspectives commerciales et sur lequel le chantier propose une solution intéressante. Au passage, cela lui permet aussi de rappeler qu'il ne vise pas uniquement les très grands paquebots. Si l'outil industriel de Saint-Nazaire est évidemment mieux optimisé avec des plateformes de grandes tailles, les bureaux d'études des chantiers français planchent toujours sur des modèles de navires plus petits, qui pourraient le cas échéant être réalisés chez d'autres constructeurs. C'est le cas par exemple dans le domaine militaire, où STX France s'est allié à Socarenam dans le cadre de la compétition pour les futures unités de guerre des mines de la marine belge. Quant au secteur de la croisière, le constructeur nazairien réfléchit notamment avec ses sous-traitants du réseau Neopolia autour d'une coopération sur les petits navires océaniques

 

Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France)