Construction Navale
STX France : Trois candidats, trois projets et un avenir en jeu

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STX France : Trois candidats, trois projets et un avenir en jeu

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Qui sont les trois candidats à la reprise des chantiers de Saint-Nazaire ? Pourquoi veulent-ils racheter l’entreprise ? Quels sont leurs ambitions et leurs projets ? Quelles menaces pèsent au-dessus du dernier grand constructeur civil français ? L’Etat a-t-il réellement les moyens de s’opposer à une offre indésirable ? C’est à toutes ces questions que nous tentons de répondre dans le dossier que nous publions aujourd’hui, à l'issue d'une longue enquête auprès des meilleures sources. 

Dans une semaine, les repreneurs potentiels de STX France devront avoir remis leurs offres au tribunal de Séoul, juridiction en charge de la restructuration STX Offshore & Shipbuilding. Plombé par l’effondrement des commandes de navires civils, gravement endetté et sous tutelle de ses banques créancières depuis 2013, le groupe sud-coréen, qui détient 66.66% des chantiers nazairiens, vend ses actifs afin d’éponger ses dettes. Un consortium emmené par le Néerlandais Damen et comprenant aussi les armateurs MSC et RCCL, principaux clients de Saint-Nazaire, est sur les rangs, de même que le constructeur italien Fincantieri et le groupe asiatique Genting Hong Kong. 

La date de dépôt des dossiers pour le rachat de STX France est pour le moment fixée au 27 décembre, sachant que le juge pourrait rendre son avis à partir du 3 janvier. Un calendrier avec lequel il faut évidemment être prudent, d’autant que, légalement, le tribunal ne doit notifier début janvier que sa préférence pour l’une des offres. Son porteur devra ensuite suivre une procédure légale complexe afin entre autres d’apporter toutes les garanties de financement nécessaires. C’est seulement si toutes les étapes de ce processus - qui pourrait prendre plusieurs semaines – sont franchies que la vente pourra avoir lieu. Et encore, selon le candidat retenu, des complications peuvent survenir, voire un blocage de la cession par l’Etat français au cas où le repreneur désigné serait perçu comme représentant une menace pour les intérêts du pays. Alors que le consortium emmené par Damen semble avoir une certaine préférence dans l’Hexagone, il semblerait très difficile, pour des questions diplomatiques notamment, de s’opposer à une reprise par Fincantieri. En revanche, il y a tout lieu de penser que l’Etat ferait barrage à Genting, considéré et de loin comme le candidat le plus dangereux.

Le rejet du groupe asiatique est d’ailleurs assez global sur le terrain, où des élus locaux aux syndicats, on fustige de manière quasi-unanime une telle possibilité. Quant à Fincantieri, il n’est pas loin de susciter la même défiance, en particulier du fait de sa récente alliance avec les chantiers chinois. Malgré les efforts déployés ces dernières semaines par les Italien pour rassurer, celle-ci reste perçue comme un danger majeur. Quant au trio Damen/MSC/RCCL, s’il soulève certaines questions, la plupart des acteurs impliqués dans le dossier y voient au moins un mérite : il se présente comme plus rassurant et symbolise une continuité, donc évite de faire un saut dans l’inconnu.

Evidemment, ce ne sont pas les avis français qui président à la décision du juge coréen, mais celui-ci peut en tenir compte afin d’écarter des complications à même d’obérer une conclusion rapide de la vente.

 

- Voir notre article « Comment l’Etat peut s’apposer à un repreneur indésirable ? »

- Voir notre article « Damen : la continuité avec le soutien des armateurs »

- Voir notre article « Fincantieri : Géant européen et spectre asiatique »

- Voir notre article « Genting : la candidature à abattre »

 

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